‹ Œuvres historiques inéditesChapitre 180 sur 494 · CHAPITRE LXXL · texte numérisé non relu

CHAPITRE LXXL

Comment le roy deffendy qne nol de son royinbiie ne prist plus sel aux salines de Boargoingœ.

Comme j'ay dict ailleurs et souvent , et encore me trouveray constrainct de dire , ce roy Loys à tout lez de son royatilme et à loultes les circonférences ne cessoit de soubtiller nouvelliiés , huy d'une, demain d'une aullio , et tout , sembloit , voUoit embracahier à ung colp. Comme pluisieurs diverses parties chu et là ymaginécs auioncheloit en-

semble , vint à prendre regard sur les salines de Bourgoingne , desquelles multitude de terres de son royaulme, confines dudietpays, se soustentoient et nourissoiet^t en faict de sel , et en grand préjudice , ce lui sembloit , de sa baUlteur et de son proffit , entendu que partout son royaulme, tant qu*il duroit,.il avoit les greniers du sel siens, et s'en dispensoit le sel à son proîlit. Parquoy, lui voyant maintenant que le sel de Bourgoingne rompoit entouttesles marcbcs à Teuviron ses dits greniers , et que son sel n'y [avoit cours ne vendaige , délibéra à mettre et imposer àeffense aux Bourguignons de non plus avanchier leur sel à leurs voisins, et à les contraindre , comme meismes estoient ceux du royalme, que debvroient user de là en avant du sel de ses greniers , aussi entre eulx comme ailleurs. Laquelle chose , qui estoit cas de nouvellité très grande, comme il Tapensa , il mist à effect; et de faict envoya en Bourgoingne autbentiquement signiiBer ceste chose et réaiment ; et de faict , faire exprès deffense que le sel du pays n eust plus point de vuidance es mettes de son royaulme ; dont niultitude touttesvoies anchiennement se nourrissent et gouvernent. Quand doncques Bourgoingnons virent et ouyrent ce , et les plaintes de divers lieux et de bonnes villes, recepveurs et aultrès qui avoient le domaine du duc entre mains, qui se sentoient durement grevés en cecy, et souverainement les officiers du prince , vindrent à Digon au président de Bourgoingne et à ceulx de la chambre des comptes pour prendre advis sur che cas ; et en deiTendant l^anchien héritage des prinches du pays, ensemble rhonneur et le droit de chascune privée personne , demandèrent conseil sur ce que en seroit à faire. Si fut conclut lors, que prestement on envoyéroit signiffîer au duc le cas de nouvellité faict en son pays, et duquel sa seignorie et meismes tous ses subgets recepvoient playe irréparable à jamais, se chela y avoit cours ; et pour tant on lui prioit de y pourv eoir par manière convcgnable. Laquelle chose, comme avoit esté conclutte, fu faicte et mise à eficct; et vint-on à Bruxelles, atout la coppie du mandement royal, remonstrer ce qui avoit esté faict ef exploitié au pays , et où et comment , et sur qui et sur quoy.

CHAPIÏRE LXXII.

Comment h groiul difficulté Ten advcrtist le dac de: saUues , poiir cause de sa maladie.

Conmie doncques ccste manière de faire feust mise au conseil, fut ordonné d'y remédier taisamment, et d'en faire le meilleur sans que le duc en feusl adveili ; car craingnoient que le couroux du cas ne lui donnasl enipirement; car moult estoit foible encuirc et eu piteux point. Et estoit la manière du faire si estrange, ce leur sembloit, qu'il ne povoitqu il ne s en enfiambist , quand oncquos le roy Charles , à qui beaucop avoit eu d'affaires en son temps et d'eslroite righeur, ne le quist de si près, ne tant ne s'enforcha ne ne s'avanclia de Tentamcr par cely endroict; ou au moins , s'il s'y estoit essayé par le faire mettre avant en termes , sy n'en estoit ensieuvy oncqucs nul effoct parquoy il en venist lésion. Et partant, 'comme le duc avoit plus faict de service ad ce roy chy, le roy Loys , à se monstrer plus entliier envers ly que envers aultre , comme plus sembloit-il aux gens , se debvoit-il fier de cestui de toutle bonté et faveur^ et que jamais ne vouldroÂt consentir telle nouvellité estre mise sus contre sa seignorie, comme raison donne que le bénéfice recheu premier et monstre par le bienfaisant doit estre rémunéré en qua* iité semblable par congnoissanchc de Tacceptant. Finablement, pour ce que le cas estoit de grand pois et touchoit trop à la haulteur et seignorie du prinche , de laquelle ne loisoit à eulx d*ea tenir la disputation sans ly et sans son sceu, conclud fut, comme dangereux que le parler en fuist à sa personne pour cauto de sa langheur, que dire lui convenoit ains tost que tard , et que le taire en estoit encoire pire en conséquence. Et de faict lui fut dict tout et au loing le cas quel il estoit et comment , mais non pas en si forte righeiu* comme ou eust bien peu faire , pour cause de Tesmotion. Si pensa le duc ung peu dessus, au moins que povoit de semblant meu, car y contrestoit de son pioppre povohr, et enfin dist : « Ce sont les guerredons que j'ay pour bien faire, et^d avoir porté cely qui

GEORGE CÏÏASTELUJN.

lonoît quoy en t faiot son en-

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