‹ Œuvres historiques inéditesChapitre 182 sur 494 · CHAPITRE LXV · texte numérisé non relu

CHAPITRE LXV

!l est de fresclie mémoii-e encore , par le record d'or chy devant, que le duc Fi'andiisque de Milan avoit loîngement bingui et traîné maladie , cl de quoy pluiseurs de ses gens et de ses familles se desesperoît du garir, (oui ne plus ne moins, et eu ung meisme temps comme du duc de Bourgoingno, qui en ce meisme pointgîsoilà Bruxelles.

Or est vray que ceslui duc de Mîlin , par avant son mal , avoit faict et donné trêves aveucque les Venecyens, qui anchienncment el de tous temps ont pont* ennemisté ensemble. Si advint que Venecyens voyans ce duc chy languir longuement, et de quoy mort so povoit ensieuvyr, envoyèrent devers la duchesse et devers son h\s aïsné le comte de Pavie, lenr dire que, se d'aventure le duc de Milan allBst de vie h trespas , et Dieu feist son plaisir de ly, que pourtant ne se voulsîsseni esmayer aullrcment qu'eo ce qu'honneur el nature consentent à estiT faicl en tet cas . car touchant assistence , service , amour el tontle fidélité qui peuvent estre monstres ne à prinche ne à prlnchesse , et d'argent et de puissance de gens , et de toutle libéralle exécution de povoir, seroienl servis et assistés, et secotirus contre (oui liomme ; donnant ptainoment à entendre par ce ^qne pais a^m ferme amisiié vouloicnt à ly^ci il sa maisonn

ce qui onques n'avoit esté veu par telle forme. Et sçavoient bien Venecyens que cestui de Milan n'estoit ghaire bien en grâce du roy de Franche , pour cause que fort et ferme tousjours assistoit le roy Ferrand aveucque nostre sainct père contre le duc de Ga~ labre ; de quoy le dict roy Loys courrouchîé lui Uganda maltalent et lui signiflia manasches. Mais le dict duc, non espoventé de paroIle,et tel prince que se sentoit , et de pooir et de sçavoir, et de pays et. de sciluation, respondy , che dist-on , au messaige : que pour servir son allié et son parent , il ne faisoit chose de quoy le' roy lui devoit volloir mal, ne par quoy il deust manascher ; et au fort, quand manasche y aroit et mal talent contre ly pour ceste cause, se ny accontoit-il ghaire ou riens; et quand il vouldroit mettre à effect ses menaches par lui venir sus, il se deflendroit tellement, ce espéroit, que envers sa part n'en tourneroit nul blasme et moins encoire aulcun grief.

Envers ce temps morut messire Franchisque Ârragonnois , chevalier en son temps de grand nom , saige et vaillant , et lequel en guerre entre Franchois et Ânglois , fist beaucoup à recommander pour le part que tenoit ; car avoit esté ung des chiefs de guerre

de son temps longuement vivant et régnant ^ et ayant mis et mené à fin mainte haulte besongne , comme il appert par les comptes qui en sont/aits , là où ils devisent et tellement': que par sa vaillance il avoit esté esleu et recheu frère de Tordre de la Ghertierre, longuement le portant; et puis la renvoyant, par faulte à ly faicte des Anglois , estoit venu servir le duc de Bourgoingne son premier maistre , lequel, aveucque bel entretement que lui donna, le fist son gouverneur et maistre souverain de son artillerie. En quel estât il morut honnoré chevalier, en Téage de environ 64 ans , ghaire plus (>haire moins. Et fut mis en son office depuis messire Walleran de Soison , seigneur de Moreul , noble et vaillant chevalier entre tous ceulx de son temps aussi , et bien digne de mémoire, et lequel, es guerres du duc contre le roy Charles, jadis avoit esté ung des plus renommés du pays de dechà aveucque le seigneur deRoye, son beau frère, dont meilleur ne plus vaillant le jour qu il vivoit ne ceindit espée, et lequel, à ceste cause, fut esleu en Tordre de Thoyspn d'Or; en quelle religion , après y estre entre environ ung an et trois ou quatre mois , morut de belle avisée mort en sa maison , tout envers ce meisme temps, à la my-aoust. Dieu en aye merchy !

ti4é2] CfiftONÎQUE DÈS btJCS DE BOURGOGNE, —il* PART. 20»

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