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Uij-, et de luy assigner lieu, respondil et dici : ' Seigneur de La Roche, au partir du Ueu de la douleui' oji j'ay laissé monseigneur mon mary, icellui me chargea qu'en posiposaut toute rien terrienne , feust de Jureté ou de bon cur , je ne laissasse point Que je ne veutsse devers beau cousin de Bourgoingne , pour parer mon seigneur mon mary et nioy devers ly par excuses de multitude de rapports à ly faits de nous par nos ennemis. Par quoy, en abéissant à cely commandement, et que moi meismes l'a y ainsi empris . et lue suis venue descendre en si^s pays , il cause non autre de l'ayde de ]>ieu , j'y yray ctjtle dierceray ; et soit péril ou non pour moy, je m'en mettray en tout ilubvoir. Si que , vous estes chevalier et estes de son ordre; si vous conjure sur vostre chevalerie que vous devez à toutes dames desconFuriées réconforter ù vottrc povoir , que me dictes et' conseilUez ce qui m'en est a fuire. ne quels pointes j'y ay à tenir. » Quand le chevalier oyt ceste cunjuraison , qui povoit et devoit estre cause de le faire parler , à l'aventure pitis que n'avoit en charge , sagement s'excusa , et dict : » Madame, jevous ay dict ce que j'ay en charge, et pourquoi iiionseigfienr m'^ envoyé vers vous. Au regard de vouscouseillier en ce qui passe ma charge, et ep quoy mou seigneur ne m'a point donné d'avis pour y respondre, je ne m'y oseroie avancer. Vuiremenl suis-je chevalier, et de son ordre indigne; et me vouidroye acquitter en non devoir envers tous et toutes aultres du cas, qui ne compétcroil que it ma piivée personne ; mes d'une si haulte matière et qui m'est donnée eji prt^ cis termes , je n'oseroye transgresser la comnaission. " Lors respondit, et dict : " Sire de La liodie, vous avez faict et exposé vostre citarge bonnorablement ; et ne vous <>n peull oui reprendre. Mes je vous ai aussi responda sur icellle la charge que j'ay de monseigneur mon mary , et la dclibéracion que J'en ay on moi meismes. Que vous vault doncques replicquer ne fuyr de me conseillier, pour peur de passer vostre diarge , quand la cJiur^e meismes que j'ay prinse et emprinse à faire, je la meitray à elTeet, se mort ne my grève? Car véritaUemcnl croyez , el f«|
GEORGE CflASTELLAIN.
beau cousin devant moy jusqu'au bout du inonde , se le syeu\Tay-je plustost à pied , en mendiant pain, que je ne le cesse et treuve. Où doncques ceste conclusion est prinse en moy, et laquelle beau cousin vostre maistre i{;nore , quel los vous peut estre doncques de moy dénier conseil , quand je meltray à effect mon propos sans conseil de ame?»> Quand doncques le chevalier vit le constant couraige de Tinfortunée princesse, ensemble la fermancc de sa paroUc , respondit disant : « Déa ! madame ! puisque ceste conclusion est si formément prinse en [vous que nulle riens ne la vous peut faire changier , et qu'en délibéracion si esti'oite me demandez conseil comment mieulx pourrez faire , je vous conseille doncques : que le plus simplement que pourrez tirez devers ly , aflin que de vous tant moins soit de nouvelle ; jà-soit ce que je sçay bien que si cela il savoit , il en seroit vergoingneux et ne le vouldroit souffrir, mes viendroit devers vous. Doncques , puisque force vous est, et le plaisir tel de le faire, vueille-il ou non , force lui est bien de le porter , et à moy de non le vous rompre. »