‹ Œuvres historiques inéditesChapitre 199 sur 494 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

Conimcht le duc envoya devant en la chandl>re de la ro\ne aiileuns seigneui-s pour l'enlrelenir, et com- "nicnl le duc y vint après.

Le duc doncques entré en Sainct-Pol, ?iflt

descendre d'une Iraicle où esloit la royne ; la quelle estoit jà venue à toute haste descendre en bas; et vint au devant de ly jusques près en pleine rue , là où s' entrebaisèrent. £t fit le duc ses honneurs à deux fois , par regard qu'il avoit sur la royne , pour veoir comment se mainliendroit envers ly. Dont quand il perchât son humilité, et quelle s inclina tant et tant que ly, il , la seconde fois se inclina bien bas comme près de terre , là où elle le contretint des bras , lui disant que tels honneurs ne lui duisoient point ; et louoit Dieu que tant Tavoit espargnée , et donné tant d'eur que de Tavoir trouvé ; car esloit le seul prince chrestien que plus et de long temps, ce disoit , avoit désiré à veoir. Si ne tindrent gaires de langages ; et ne monta le duc plus avant ; car prist congié et la laissa pour soy retirer. Et la royne moult joyeuse de ceste venue remonta en sa chambre. Quand doncques le duc eut reprins alaine quelque peu en sa chambre , et que véit estre chose séante d'aller conjoyr la royne survenue , envoya le seigneur de Quievrain , messire Philippe , fils de messire Jehan de Croy, devers elle , pour la tenir en devises et la faire tenir en sa chambre sans descendre à Teure quand il viendroit , car y vouloit aller à peu de gens. Si y alla le jeusne chevalier, qui moult savoit bien faire son personnaige. £t le receupt la royne et le baisa. Si ne demoura riens que le duc n'y vint , sans que on s'en doutast, à bien peu de gens. Dont la royne, oyant la voix de son venir, prestement s^esforça de soy avancer. Mes ne put marcher trois pas que le duc ne la surprinst, là où arrière les secondes honneurs se firent par une joyeuse mode. Et parlans amyablement se trayrent dévers^uu lit , là où la royne commença à dire moult saigement : « Beau cousin , jà-soit ce que je sçay bien, et de pieçà, que vous avez esté durement informé à l'encontre de monseigneur mon mary et moy , et que ly et moy doyons avoir esté vos grans et mortels ennemis, pourchassans vostre honte et dommaîgc de tous nos eiïors , et de quoy vous , beau cousin , ymaginant que ainsi soit et ayt esté, vous poez et devez avoir cause de nous non voloir nul bien, et non de merveilles, touttesvoies, monseigneur mon mary le roy , et mofj

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