CHAPITRE XXIV
Comment le dnc fist prendre maistre Anllioiiie Micliiel qui estuil au cooite de Charului?.
Pendant ce que ceste royne cstoit iey à Bruges, et le comte de Charolois emprès , et que le duc se tenoit à Ilesdin atiendunt le roy qui là devoit venir, 'avoit division et dise «rd entre ledict duc et son fils , à cause de pluiscurs difficiles matières dont dessus a esUi faicte meuciou , dès le pas de messire Philippe do Lalaiug faict à Bruges , et souverainement pour un cas nouvelleni/'ut advenu : c'estoit que le duc avoit fait prendre ung sien secrétaire constitué, en son pays de Hollande conscillier , nommé messire Antlioine Michiel ; le quel, parce que on Timputoit (|iie aulcunement avoit suggestionné le pcujile et les bonnes villes de Hollande trop en avantage et faveur du dict comte , le duc Tavoit fait saisir au corps , comme non content Je ci* , pensant que le comte son fils , le quel il sentoit assez maistrieux et roidde en oppiiiioii, ne peust, par ceste manière de faire , tant et tant plus devenir dur et rosiil vn fin contre ly, comme seigneur du pays; |>ar quoy vurillant prévenir et soy prendre à cely qui en avoit esté cause, teudoit à le meltrr vu prison, par cliastoy seulement, non par pugnieioii corporelle. Là où ledict comU-.,,comnH: iuisse mainienoit en court , lit rescoun (* ieiiirt maistre Antlioine hors des mains dts {>;(:ns de son père, ses anliirs et antres, et prestement le (ist mener en lieu sauve, iiois de la pui>c>*aiic'e et sijif ;u'jIu io de so:i ikti*. Lv.
fise
GEORGE CHASTELLAIN
quel adverty da cas , très mal s'en tint à content. Et si jamais avoit eu cuer 'ni rumeur contre ly fellement esmeu, maintenant les prist à dix doubles , et ne s*en povoit réduire. Et tant se anima et envenima contre ly, qu à peine il n'en perdist la nature de père pour enhayr son fils à mort s' il Teust tenu , pour cause du deshonneur à luy faict par celuy mesmes qui , en cas pareil , Teust deu deffendre , ce ifiy sembloit. Si en y avoit des grandes murmures en cour, avecques piuisears aultres , et en y avoit de grandes touchant le comte d'Estampes. Par quoy et à quelle cause ledict père et le comte estoient non bien unis ; et en estoient toutes condicions d'hommes en grand soin et perplexité , pour cause de meschief ; et ne savoient cui donner le lout tort ni le droit , si non partye à Tun, partye à^rauUre \ mes griefve et mortelle ,playe, ce disoient, à tous les deux en povoit sourdre. Dont ceulxxqui cause en estoient et nourrechon, Ton disoit estre de mal-heure nés. Estoient évidentement notés et congn«us ceulx qui ce faisoient , et par qui moyens et partiaulx affaires ces* divisions et rumeurs se maintenoient entre les deulx; comme par ci devant, et plus encore cy après se dira quy et quels furent > dont la playe avoit esté curée et bandée.