‹ Œuvres historiques inéditesChapitre 212 sur 494 · CHAPITRE XXY · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXY

Comment la royne remonstra'gracieusement au comte de Charolois de ce discord qu'il avoit à son père.

}f Le séneschal qui pour lors estoit là aveucques la royne , et le quel avoit pleine la teste la division pa&sée d'entre le roy mort et son fils, et des fins et opérations d'icelle , voyant maintenant icelle estre toute esvigorée et envieillie en ceste maison , et sur le bout quasi de grand mal avenir, moult luy en prist pitié; et recongnoissant comment le comte de Charolois avoit esté son singulier et souverain intercesseur au temps de sa captivité à Loches, et doublant que ung si huuk et noble courage de prince ne fut cause de son propre mal par mauvais conseil, vint devers ly,

moy. Et sauve tout honneur et révérence à vous deues , il convient que je vous tance un petit , et , que soubs humble et bénigne sapportance, je vous remonstre ce qu'en vous me desplait ; c'est que vous , non d'accord aveucques monseigneur vostre père, ne regardez ne prévoyez les amères et doloreuses fins qui pourroient issir de vostre estât en ceste manière de vivre , qui tant avez eu d'exemples par livres « et par vifs records , que discord entre père et fils est une que Dieu hayt sur toutes choses, et que nature humaine et raison oottdampnent , et déturpent griefvement de triste* yasae où elle persévère. Monseigneur, de parler m'en loist ung peu , s'il vous plaisoit le povoir prendre en gré ; parce que , moy expert de la division qui a esté longuement fptre le roy mort et son fils , j'en sçay assez les grans maulx et les. griefis avenus à ceste cause , sans encores les conséquences toutes derrenières, qui en povoientensieuvir tristes et amères , et dont il n'a tenu ^u'au tour d'une main^qui ne soient avenues, comme vous meismes savez, par seule mort du roy. Laquelle s'encore ne fust, vous et nous refussions en guerre plus cpe oncques mes , en toute ruyne et mortel exploit l'ung sur l'aultre.Dont, si le roy maintenant de nouvel régnant a gaigné sa querelle , conuue il lui peult sembler , ne sçais pourtant se Dieu est content de lui , des termes qu'il a tenus envers son père, contre devoir de nature, là où Dieu esprouve les cuers et les pays souvent du meisme de leur mérir. Le roy, monseigneur, et son fils, furent tout en ce meisme point en discorde où je vous voyores; et une meisme et semblable matière çà et là a esté cause de meschief en une maison et en Taultre. Car si le roy se plaignoit de l'absence de son fils et ,de son persévérer en froideur desnaturé , le duc se complaint de vostre absence aussi , doubtant comme l'aultre le persévérer en icelle. Le roy estoit mal content de son fils ne voloir aymer ceulx qui conduisoient ; et le duc a emprès'luy aulcuns aultres aussi aux quels vostre amour ne se peut traire, et dont vous, vous dictes avoir boune cause , et comme je suppose qu ainsi soit. Or ça ! quand est du costé de

et lui dist : « Dca ! monseigneur , pardonnez [ nous aultres le péril est dehors , car lune

des parties est feiUie , dont Tune est m dessus. Mes ainsi n'est pas ici: et seroit dommage, car les parties, tous deux, Tivex et régnez ; par qooy les périb qui de delà ont esté précoupés par mort , par de çà se pourront continuer et traire à leurs fins , par maleuréement yivre. Dont certes ce seroit dommage . Et plaindrois durement le véoir avenir, ne qu^une noble et glorieuse maison comme iceste, et que noonseigneur Yostre père a tant grand éage, sur la fin de ses jours venist inconvénient et meschief , souverainement par vous seul son unicque fils, qui de ce Ten devez distordre. Monseigneur, il vous plaise entendre que les maisons et les règnes pardurent en estât tant que Ton les gouverne par sens ; et tant y dure le sens et bon gouvernement comme on percMt que Ton y pourvoit aux inconvéniens qui sont cause de ruyne. Or, monseigneur, à qui duyt-il y pourvoir icy au meschief , si à vous non ? A qui du meschief meisme et du mesavenir ? Quand il y sera, vous même porterez la playe ; et pareillement maulgré vous en porterez la perte eu vostre personne, dont sciemment vous aurez procuré le dommage. Comme doncques sciemment nulle personne, ei tout de gré ne de vouloir, ne se doit procurer mal, ne soy donner fouUe ne abidissèment, comment vous, qui estes ungsi hault priuce , tant garni de sens et de vertu comme l*on dict > pourriez consentir ne condesceadre à ce que les meismes de la terre et ce que toutes condicions d*bommer craindeot et f uyent , qui estes celuy en qui multitude d'yeulx , d'ames et de pays aprte vostre glorieux père ont fichié leur attente et espoir* Par quoy, si maintenant vous voyent detvoyer et prendre chemin de désobéiamoce emren vostre père, doubteront penlt estre, et mm sans cause , Tissue en devoir estre aiaofaiie, et que Dieu ne s'en oooroodbe vers vovs , et que vostre dict père meisme n'es peast faire chose qui vous toomeroit i graad grief, et à eulx meismes ; comme eture Um% les vivans je le tieodrois Tiioinme de plus graod courage et pour plus tost faire oog eslrange coup. Si ne peuv^z et ne croyez anltrement , fors que t/>u§ ennemis de cei»te maison sont bien joyeuU de vostre *^bat , et ne vo«l-

droient point qn*amoor et oBÎoa y e«st phs grande ; car par b div isioo ^espèrent de voir ce que long temps a ils désirent; c'est de vous voir amoindrir et fondre comme neige au soleil, quand par nul sens ni engin, ne -par force ne anltrement ne vous ont scea ployer jusques à ce jour. Dont tel vit et rég[ne, et vous fait chière et flatte, et vous oint de parolles , mes luy desplaist que si bien vous est ; et par souvenance de vostre fortune et roidesse en temps passé , qui luy cuisent,, voudroit vos ongles vous avoir coppées jusques au sang, et reployé la corne de vostre povoir en confusion basse. Et moy mesme, si j'estois de celle secte , je le vouidrois ; et pour moy me vengier de vous , je ne souhaiderois aultre chose entre vous deux que ce débat. O noble seigneur , pensez à vous meisme et vous mirez par aullrui. Recongnoissez cui fils vous estes , ne quel hault et glorieux homme vous avez à père ; lequel ne ployé oncques ne vaincu par les haulx puissans rois de la terre, à envis se doit ployer ne souffrir vaincre de son propre enfant , sur lequel, quand fortune lui anroit djnné d*estre foullé de tout le monde , sur lui seul , ce luy semble, nature lui doit faire demorer précepteur. Le duc est un prince de hault courage , et se fait mauvais ju' r à luy. Il est il avilir par beau et par humilité ; et firis par le lion bout, c'est le meilleur des \p*9n%. Il vous ayme de vraie unumv, il se lioiile en aigre exces^ircourroulx, >oble seigneur, nmiiê^. Dieu de vostre part et sain mtPnAfp.. k b loyde naiure et A'^^nité tUrtm^t %tjt\ff^ ceoce ; refoumez k :$wfmr fi'.flersMrf le fmr le sentier &oM%^si9itj! filiale; r^^ffà^^r, v//U4 U ly ; ee vms sera pttt^ ifhfm^nr f\u*' luf tism ftÊ&tn.tm #foe s//y tt^t^. i$ t /^«n k ¥$ f//uM V#ialre querHIe, quafit ^raw^e m ntêuut in^H iI0*elle $tM, t'>M b t^oprr, Mnm iHt b if&ntre, ifk il v//fis UAU'Uf,, i\ ♦//«• #'« t^fn nmm , rjpmmn \f^fnr um ftU. îkt ^tf^iri^ îé$n tsmm miiUirt'^hU% en ly, et b rainiré^. m m boatè ; car il ea plus firès a vous uymt^ et vous tenir ebier, que %ous de renimir sa grâce ou d'inv'jquer s^^n amour. »»

GËOAGE CflASTÈLtAiN.

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