CHAPITRE XXIX
Comment les ambassadeurs des deux roys estoient arrivés à Sainct-Omer avecquesles gens du duc, pour trouver moyen de faire paix.
GEORGE CHASTELT.AIN. [1462]
de Neufvillc , docteur en théologie , frère au comte de Warwic , prélat moult révèrent et facondieui. Y avoit le comte de Slaffort aussi et le fils du duc d'Excestre , messire Jehan Wannelot et plusieurs aultres notables seigneurs et gens d'église en moult noble estât, qui tous meus et venus d* Angleterre pour bien] de paix , estoient venus à Sainct-Omer, àrincitacion etrequeste du duc de Bourgoingne ; et non pas tant seulement les Anglois , mesmement les François en ceste propre foveur de ly et à sa cause , comme pour eulic soumettre à trêves aveucques le royEduard, afiin que ce duc icy , suscitem* de la matière, peust avoir loisir et cause de mettre sus sa croiserie (i). Car savoient bien en effect que ce point là seul esloit son motif , et que les Anglois en foveur de ly volentiers y ascouteroient; par quoy à eux il duisoit moins, ce leur povoit seinbler , de y restiver à rencontre , ne de eulx trouver frois et mal traitables en ceste journée , là où certes, ains venir à conclusion , maintes difiicultés, maintes hautes et pesantes matières furent maniées ; maintes reboutées et riiées au loing , qui depuis ramenées à digestion et en esplucement des avis par,estrif et argu , furent conformé-^ ment par commun accord passées et avouées en conseil. Entre les quelles, et qui estrange est y en avoit une passée, qui estoit : c(ue le roy Loys , roy de France , cousin germain du roy Henry, et tout itel à la royne sa femme , enlans de frère et de seur tous les deux , ne poroit ne ne devroit , ne par aultre ne souffreroit faire ne mouvoir guerre au royEduard en faveur de Henry , pour nulle quelconque chose qui advenue feust ne advenir peust, durant trefves ou abstinences faictes entre eulx, courtes ou longues, ne pour nulle quelconque prière ou intercession que de ce poroit faire ledict Henry ne sa femme , ne père ne parens de Tung ne de Taultre, soubs peine de guerre à tous lez. Et s' y accordèrent ceulx de la part du roy Loys , grandement toutesfois en foule de son prochain sang , ce scmbleroit, et de leur querelle. Mes ce firent peut estre pour ung mieulx , et par une manière de reculer arrière pour faire ung
Convient rencheoir en la matière de Sainct- Omer , là où estoient les ambassadeurs des deux roys aveucques les gens de ce duc , moyens entre ces deux parties et quasi neutres , si non que la querelle de France estoit la leur propre plus que Tautre. Si y avoit pour chiefs des gens du roy de France : Tarchevesque de Narbonne du nom de Harcourt , Tamiral de France , le chancelier de France, maistre Georges Havart et plusieurs aultres , là où le seigneur de Croy tenoit double lieu et tout en front ; car y estoit commis et envoyé pour la part du roy , et de Vaultre costé y estoit estably et ordonné aussy pour la part du duc son maistre. Pour les quels servir léalement J'ung et Taultre et soy y porter bien, avoit une dangereuse voye à tenir et bien subtile ; car le contendre des deux maistres estoit en diverses ententes, à Tung en toute preud'homie et honneur de Dieu , pour avoir paix et repos entre les chrestiens , et pour vacquer tant mieulx es affaires de la foy , et à Tautre pour venir au desseure de son pourget, pour jouir de propre privé bien en soy et pour soy , et pour mettre bras au desseure de ses voisins par simulacion cauteleuse. Par quoy je dis qu'en faire mixtion de leurs si divers proposemens comme de ces deux par ung seul homme commis sur tout bien , y devoit avoir perplexité pour le démener, ou un cautc couverte simulacion non
par tout saine.
De la part d'Anf»leierre aussi y avoit Tévesque de Canlorbie , nommé maistre George | (i) Croisade.
BMÎ] CmONIQl'E DES DUCS DE BOURGOGNE.- Il- PAUT,
un
plus loing'saul ailleurs. Car pour ce qu'on pcrceut après de euU , cela et,aullre chose firent-ils à fin couverte.