‹ Œuvres historiques inéditesChapitre 219 sur 494 · CHAPITRE XXXIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXIII

Comment plusieurs murniuracions se Grent à Toccasion de ceulx de ^Croy, qui tout eml)i*assoient à tous lez.

£t tandis que le souvenir des choses me donne matère , et que matère meismes se présente poiur estre tissue de présent et mise en oeuvre,', je doncques convenablement dois et puis mettre les terres, les richesses et possessions que cestes gens de Croy avoient , semblabiement et les alliances qu'avoient quises et prises parloui en provision sur le temps futur. Et les quelles cboscs]| toutes ensemble , avecques ce que toujours et incessameut ta-

choient] de plus en plus hault, vouloient tout avoir en leur main , tout gouverner et régir , et avoir tout à leur dit , certes iaisoient murmurer contre eux et dire diverses choses en couvert; car en public nul n'eust osé» de peur d'en avoir reboutement , comme qui plus estoient cremus beaucoup qu'amés , si ce n'estoit des leurs, aux quels, et à nuls autres, faisoient moult de biens. Et nul autre, si à eulx n'estoit de service ou d'alliance , ne povoit obtenir chose ; qui estoit ung des points plus grands qui leur procura murmure. Meismes les propres ofiBders du duc feussent nobles hommes f eussent^clercs , en fait d'obtenir offices,Jou bénéfices, ou mariages , ou aultres choses , demoroient darrière les leurs ; et falloit aux leurs , avoir l'avancement devant tous aultres. Si* que la voix en couroit commune ; et disoient les reboutés : que mieux ameroient estre serviteurs à Croy qu'au duc , quand du duc ne de son service ne povoit venir ne fruit ne proufit.

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