‹ Œuvres historiques inéditesChapitre 221 sur 494 · CHAPITRE XXXV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXV

Comnicnl 1c s^-hmcIiM iiiirssirc Pierre ilr Bmù nnii.i .i JIcMliii à inltnrion de renwrcJCTlc duc ri d'ncroiu|ilir In pruiiiCEs« faicte au comte.

Pendant doncques le temps que le duc suralendoit la venue du roy en sa maison, et que la conclusion estoit prise enir'euls deux de vendre les terres ; et en estoit jà partie de l'argent receu , arriva à Hesdin le sénescbal , messire Pierre de Brezé , à intencion de venir remercier le duc de sa largesse à ly faicis à SatDCt-Pol , ensemble et pour faire son personnage que promis avoit au comte de Cliarolois à Bruges , qui estoit grand chose. Si vint en court, là où il fut receu et bien veignié libéralement , et des plus gens de bien de la maison recueilli à grand chiere; car chacun l'amoit et prisoit pour son plaisant parler, et souverainement pour ses vertus et liaulx fais entre les aultres. Moult en &st grand feste messire Philippe Pot, comme qui en toutes gens do vertu se délictoit cl les essaulsoit par parole. El pai' especial en cestuy chevalier avoit toute gettée sa grAce. Si firent pluiseurs aulU'es , commet messire Adolf de CIcves, messire Philippe de Croy, bailly de Haynault, messire Uichiel deSangy, le seigneur de Boussut , Meriadec el aultres pluisenrs seigneurs. Si fut le duc adverli de sa venue par messire Philippe Pot , lequel, pour ce qu'il estoit tard, ordonna qu'on le fesloiast, et le fit-on souper à joyeuse chière ; et qua cinq ou six gens de bien des plus grands l'accompagnassent, comme il fut fait. Kl y vint messire Adolf, le bailly de Ilaioault, messire Philippe Pot, messire Michiel de Sangy, et l'ung des généraux(d) de France, messire Jehan Arnolfin, qui venu esloit do Bruges avecq lediciseneschal. Après souper se tirèrent à part le senesclial et Philippe Pot, ensemble aussi Jeliau Martin pour entrer en devises avecques eulx sur ce qu'empris avoit de faire , et comme qui de soymesme senloit bien etcuiendoitque de ly seul el sans moyeu ne pooit conduire son atrairc.

il) C'^siA-dirt! rdWiniroËcntraïuiIft liiiaiicm.

GEORGE CHASTELUIN.

En avoit ung petit toucié à messire Philippe Pot , et maintenant voioit Teure pour en parler plus à l^ouvert. Car comme le duc avoit esté adverti par ledict chevalier le Pot, qu'il avoit pris charge aulcune de son fils , lui ordonna et à Jehan Martin, aveucques son sommeilier de chambre , qu'ils J'interrogeassent sur la manière de qnoy et comment, et qu'après ce lui vcnissent redire, aflSn d*y avoir advis dessus premier que le seneschal lui venist faire la révérence. Si firent ainsi ; et parlèrent eulx trois à part, là où il n'y avoit nul des deux à qui il n'eust esté une grand joye d'y avoir veu un bon moyen, et qui de soy ne s'y fiist volu emploier de tout son effort. Mes senloient les choses estre en telle difficulté extrême entre les deux parties, que l'espoir leur estoit petit, et peur grande, de meschief advenir. £t combien que le seneschal les combattit par divers ai^mens, et que eulx meismes concevoient bien son voir dire , et que de la part du fils aussi il donnbit à entendre tout noble et bon vouloir envers son père, et repentance de son delict , s'il y estoit , obéissance et cremeur, venerance et filiale dilection , soumission de son droit et de son tort en paternelle main , toutesfois eulx sentans le corrage du père estre conclu et ahurie en ung point , et estre en cest endroit en ung ayr (i) que nul ne lui osoit rompre no en faire approche , se deffioient du bien. Et voyans encore la difficulté du costé de ceulx à qui cause le discord estoit meu, et qui estoit le neu et plus fort de l'oevre, mal apparent pour traictier, perdirent espérance. Promirent toutesvmes d'en faire bon debvoir et d'en arguer et replicquer le duc , tant qu'il seroit possible et à eulx dui- Sable d'en faire ; comme ils firent. Et allèrent devers ly; le quel, sans soy montrer meu en riens les oyt et souffiît parler ; et après relacion faite , leur fit responce de meismes de leur remoiistrer, sans donner gaires ne tollir, et sans monstrer semblant de moins courroux , ne de plus ayse, ne de confort , ne de desespoir plus pour ung que pour aultre ; mes disoit bien que mei-vcilles se donnoit, comment son fils avoit donné ceste auctorité

(1) Colère.

de faire à un estrangier, là où il avoit tant de ^nds et de baidts hommes ses propres serviteurs qui plus séanunent que ung estrangier s'en dévoient entremettre. Là où messire Philippe respoodit: « Déa! monseigneur! ce ne &ict pas monseigneur le seneschal par arrogance ne par presumpcioa , ooaune se l'aflaire lui duisist, mes par «ne manière de hardiment qu'il a pris sur monseigneur vostre fik de loi avoir blâmé les termes qu'il tient contre vous , [et desquels nul des siens, tant grand fust, peut estre ne l'eust oaé reprendre, par le parti que costuy. £t tant en a faiçt, comme il dist, que s'il \ous plest il le vous rendra conquis et tout obéissant à V06 nobles plaûsiTS. » Sur quoi le duc respondit arrière : « Le seneschal a beancop langage; et peut estre, et medouteroye, qu'il ne se fece fort de plus avant qu'il n'a de chaîne. Je congnoy bien Charles. Si ne m'est gaires de parolles, là où ses faits demeurent tels. Toutefois le seneschal est gentil chevalier et ne lui veut que bi^i encestuy endroit; et le mercie de son travail. S'il vient devers moi je le recevray et l'orray parler ; et puis , selon ce que j'orai, je m'aviserai de re»* pondre. »

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