CHAPITRE XXXVI
Comment le baUly de Hainnlt envoya deren son oncle le seignear de Croy, doatant que l'accord du pèie et da fils ne peust tourner au préjudice de lui.
LebaiUy de Hainault qui se percent de cestny entremettre , et conunent le seneschal estoit venu là pour faire l'accord du père et du fils, doutant que ce ne peust tourner au préjudice à son oncle, le seigneur de Croy , qui pomt n'estmt là , férant battant envoya devers luy, ainsi presupposoit^n, àEolx, où il étoit allé au devant du roy. Lequel seigneur de Croy saichant ce , et pensant à y prévenir , vint à toute haste à Hesdin. Et fsiignant ignorer tout, et comme se riens n'en fust , se trouvèrent ensemble le seneschal et ly, et s'entrefircnt grand chiere avccques devises. Aultres dirent que le seneschal meismes en avoit descouvert le secret au dict bailly, comme premier chambellan ; et ne voioit riens faire
sans le sçavoir de son oncle et de ly, comme
CHUOMQUE DES DUCS DE BOtlUGOGNE.— Il- PART.
à qui le cas toiichoit pour une grande part; et partant lui prioit qu'il mandast son odcId et lui lîst nssarair ceste nouvelle , aflîn de le faire venir à Hesdin ctdebesoigncr. Et ainsi le fist le dict bailly, car meismes le dit bailly, le second jonr de son venir, le fesloia comme premier cbnmbellan ; par quoi je tiens inicnU cesle opinion vraie que l'aultre. En elTet, le seneschat trouva diOicile matère et bien pesante à mnnier; trouva parties froides, selon l'e^pcnr qu'avoit en premier , et malêres mal préparées A son intencion. Par quoy de grand ei bon Toloir qu'avoit monstre et volu mettre, en adresse de bieu,leix>nviul déporter et cesser cl s'attendre du surplus à aullruy ; là oîi mesure Philippe Pot complaignoit durement l'obstinacion des parties , les quelles en leur mesehief ne véoient {jouite, ce disoit, ne d'un costé ne d'aultre ; mes comme gens aveugles, non cuidans eslrc subgects ù miitocion de fortune , par maintenir leur pan roiile , esloient contens d'attendre tous périls premier que fléchir leur couniige. Les quels mots le dict clievalier, qui sage liomnic esloil, conférant avec moy, dict oultre ; qiie impossible estoit, court ou long, que mal n'en advenist, el que les obstinés en leur erreur ne fussent cause de griéve perdicion de eutx et d'aultray. Le senescbal loutesvoies fut mené devant le due, qui moult joyeuscmenl le récent. Sy l'oyt parler, et le doc lui respondit courtoisement : que son fils , moiennant qu'il fnst envers ly tel comme il devoit , il n'avoit mcstîcr de quérir procureur pour venir en sa griVce ne pour venir devers ly; ciir oiieques n'avoit esté , ce <list , hors de termes que [»ère devoit avoir vers enfant ; mes ly par umt de fois s'estoit mis lioi-s de voie de bon obéissant fils que le trop luy anmiyoit ; et puisqu'il s'y ^L estoit rcmbatlu arrière, et venu *n ce ploy ^Plonjours pis que devant, il l'en piiniroit à l'ap- ^Ppartenir; el en porteroit l'amende; et ne se ^P vantcroit jamés que , par procureur ne inter- ^rcession d'omme il reeouvnisi sa paix, sang ^P aultremcnt l'avoir achatée. Si fut tout dosbaretté le senential ; et vît bien que |ung baston y avoit en la voie , par quoy son labourer estoit vain. Kl disoietit aulcuns lors couvcrlemcnt que, si les Croys u'etissenttant entendu eu leur propre privé ufluire , et cus-
«ent vo!n fléchir pour le bien do cas, on iS Feust enRn clievy du due par une manière ou parnultre; etcuston tout remis en )K»inl, et grandemcnl par l'intercession de la dticesse de Bourlron , sa sœur, qui eu moroil do mérancolie. Et ainsi du bon TOuloir du séneschal ne vint comme point de fruit , mM grand voix d'iing hault et bon conunenchement jt petite et povi-e issue.