‹ Œuvres historiques inéditesChapitre 223 sur 494 · CHAPITRE XXXVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXVII

GiQitueiU le EÉiicschal t'en rciouma ilcici'S le roj' cl Hm j recueil qui lui fut laid.

Le séneschal le lendemain fut feslié de mes-' 1 sire Adolf de Clèves, et grandement tenu 1 ayse; dont l'après disner il prît congié dsi \ duc et s'en alla devers le roy à Eulx , lit o& 1 il fut haulteinent rcceu et bien vcignié ; et loi j fit le roy chière et tionneurs les plus grandi 1 du mon<Ic, et trop plus que homme u'eust [ os(* penser, pour cause que taut l'avoit liaf 1 nullresfoîs, et tenu longuement en prison, { en dangier de son corps. Mes le roy ayani I sceu et oy les haultes chevaleries et gninS faits que montrés avoit en .Angleterre M i Escocc avecques la reine angloise , et qu'en 1 renommée d'ung des meilleurs chevaliers qid | ODcques fust, il estoit retourné par decliù , fit | avoit ftùt honneur an ropulme françois et i I luy propre, qui là l'avoil envoyé quasi comme J pour {>erdre, comme Jason en Colcos; nott 1 sarchant comment le rétribuer condignemont 1 de son sei^vice , ne savoit à peine mettre tin cil | luy faire honneur , et en te conjoyr et festoiei* ] de tout son [tovoîr , disant : que de biens lui ] fiToitlant, que le monde pereevraïl publique- \ ineirt qu'il. lui portoit amour. Si me dict tantost après le glnéral de Normandie , uiessire Jean Amolfin qui estoit prt^ut à ces paroles , que se le i-oy lenoil sa piomesse auiÛci sénescliul et lui faisoit la diiiiesnie part des biuns qu'il lui promist , il le feroit uog des tiuults Inhikhcs 4 de France en faict d'auctorilé , quoiipie, sans I icelle, en venu et en cler lillre, toujours l'avoil-il esté et l'estoit il auparavant. Le sénés- i cbal se tint à moult joyeux de ccsle bonne ri- 1 ception, «pioique gaires ne faisoit d'estime Art J promesses à luy faicles, parce quft tantfbDCï^ J

susa

GEORGE CHASTELLAIN

ment cognoissoit le roy et ses dicts , de longs ans, et n*av(Ht guaires grand faim d'avoir àuctorité emprès ly pour cause de ses meurs , non semblables au père desfunct. Car meismes m'avoit dict et confessé , n'avoit que huit jours par avant, que si le royluy donnoit cent mille francs par an, à toutes les meurs et condicions qu'il avoit , si ne le vouldroit-il servir ; et y assigna plusieurs raisons , les quelles pour honnestelé veuil taire jusques aultre plus grand cause me pourra constraindre peult estre que j'y rechéysse. Or voult prendre congié le séneschal et aller voir sa femme à Manuy , la quelle n'avoit veue d'ung an ; et avoit beaucoup^uffert de dangicrs tandis ; pour quoy plus en avoit aigre faim. Si s'en tint le roy à content. Dont au partir, le séneschal qui|scavoit que le roy alloit devers son bel oncle, luy dict que, s'il lui plaisoit, prestement après avoir faict un tour en sa maison , il rcvendroit devers ly pour l'accompagnier. Mes le roy ne le voult ; ains luy dist qu'il se tenist en sa maison jusques à son retour de là ; et lors le manderoit. Etsupposoientaulcuns lors, que le roy luydeffendit son retour à cauielle pour deux causes : l'une si estoit, pour ce qu'il estoit aventé jà conmient il se mesloit de l'accord faire entre le père et le fils, dont il meismesdesiroit avoir honneur devant tous, ou par aventure aimoit mieulx que le discord y fust que la paix , pour en temps avenir mieulx venir à ses fins de la maison , la t quelle par demorer unie estoit trop roide et trop forte, non bien à son gré. L'aultre cause que l'on pooit ymaginer aussi^ estoit, pour ce qu'il ne voloit point qu'il presist longue hantise en celle, souverainement du duc , de peur que le cuer ne ly '^lirast trop là envers, car le scntoit fort y estime affecté par singulier loenge.

Page 1