CHAPITRE XLVII
Icj parie rantcnr dos ofTrrs qnc faisoil le roy Loys au
rov £<liinn1 cl mi «lue.
< Le roy ainsi parlant, il sembleroit que moult fit gi and honneur à son bel oncle en usant de tels trrinos. Si fit-il au roy Kduard son adversaire, à qui il se offroitsi à l'abandon. Et certes, vray est que les mots estoient moult boaux ; mrs si le cuor estoit tel , n'est nul qui le conroivc ; car à telle heure , disoient les aulonns, il avoit moult affaire du duc pour le délivrcment de ses terres , lesquelles il lenoil encore , mes avoii libéralement aa- . cordé de les rendio. Si convenoit^ en lieu de
ce , rendre aulcun complaisement de doux parler dont leffet n'est de grand coust , et comme aultrefois il avoit bien sceu faire au temps de son coronnement , là où tant en fit et fit dire et fit faire , que depuis que France est liabitée premier, n'est trouvé en eflect qu'oncques roy tant en fist à mortel homme ; comme le record que j'en ay fait donne assez declaracion en quoy ne conrmient^au commencement de ce volume , dont toutesvoies la sieute toujours n*a point esté de mesme. Ont plus semblé (elles manières de faire et de dire eonteotemens de vaines paroles , que profondilé d'affection envers ly, pource que les fais y contredisent. Quand an roy Eduard^ ce qu'il en fit etdit ^ il fit honneur à ly meismes en soy oflrant à ly, poor cause que condescendu estoit envers ly aussi d'entendre au bien de paix et de trêves, et que dehors de son royauline, à l'inscance de son onde, avoit envoyé au sien son ambassade. Car comme ennemi peut bounorer son ennemi par parole , meismes est los d'ainsi fkire et*vertn, mieulx encore doit ung roy honourer ung aultre, son adversaire, pour dignîlé de la coronne dont la faculté de porter est égale. Toutesvoies , je m'accorde à la plus honneste interprétacion ; et cuide que tout dîsoU de bou cuer; car du costé du duc le précédent mérite y estoit. Par quoy teles paroles ne se disoient pas sans cause , combien qu'en temps avenir il sembleroit estrange aux lysans , que un roy paisible en son royauhne et ayant bras au desseure de tous ses subgects, ait tant honouré et magnifié ung duc son snbgect , par paroles ; le quel , n'aroit que deux ou trois ans de devant , son père le roy diarlcs et tous aultres Francbois souppeçoanoient et le maintenoient quasi le comprimeurdo royal thronne par fierté ; ce qu'oncqnes certes ne fut , si non constraint par leur pr(q>re forfait ; et de quoy le roy Loys , maintenant pur demorer emprès ly cinq ans, avoit clerement appris et enfonsé la nature du cas. Dont en après, quand c'est venu à son descouvrir, ce qu'il en avoit veu et sentu il la glorifié et loé à la mesure de son mérir, et du bien qu'il y avoit trouvé touchant sa personne. Et par ainsi , tout argué et pesé , ainsi qu'on doibt , n'est de merveilles que le roy qui avoit
beaucop langage de sa nalure cosiumière- | ment, juoit du plat; là oubesoing fit allousoit son bel oncle par fachon non oye ailleurs , quand lymesmesavoitveu et trouvé ce pourquoi il le pooit faire y et qu*en aultre prince du monde ne sentoit mérite qui de tel bonneur fust capable.