‹ Œuvres historiques inéditesChapitre 232 sur 494 · CHAPITRE XLVIIL · texte numérisé non relu

CHAPITRE XLVIIL

Comment le roy reçut les Anglois humainement , et quelles devises ils eurent touchant trêves envers les deux royaulmes.

Venant doncques à la matère , le roy receul les Anglois humainement ; et eulx se tindrent g très contens de ly , parce que doulceaieni les arraisoonoit. £t estoient mouU aises d'avoir eu Toccasion de Tavoir veu si au parfait, tant en paroles comme en manières , afin d'en pooir vivement parler par vray recort à leur roy, après multitude de mionde qui en devisoit châcun en sa manière. Dont eulx maintenant , voians ce qui en estoit , en firent le jugemeat au vif, selon ce qu'ils y pooient comprendre} et en eilet cheurent en celle conclusion : que ce leur sembloit ung très subtil et merveilleusement agu esperit, caut et dissimulant» visant au sien et bien attaigoant à ses fins soubs un couvert circuir à Tentour , homme de teste ouvrant de soy meismes sans conseil de nuUuy, de langue légier et à craindre , et sa variable et multiforme soudaineté de propos plus à ly contraire que à aultruy. Si se partirent de ly à grand chière. Et au surplus on traicta avecques eulx touchant les trêves , tellement que du gré des deux parties , et par la bonne diligence des gens du duc qui de ceci estoit cause, on vint jusques à ung an de trêves entre les deux royaulmes , comprises toutes les terres et seigneuries du duc avencques , et icelles trêves valables tant seulement par ; terre , toutes mers mises dehors. Et n'estoient cestes trêves que ung préparement de longues trêves après avenir , lesquelles se debvoient faire à Bruges, et pour conclure en Vavril ensievaut, pour cause que maintenant à ceste congrcgacion avoit des difficultés les quelles ne

se pooient vuidier si tost, sans avoir ^esté

premier en Angleterre devers les estas pour en ^voir Tavis. Si furent lesdiciâs trêves criées et publiées par tous pays. Et après |e« seuretés faites et données , icomme ep tel eau siet, et qua deux lez on promist le reiU)ur k Bruges pour le parfait, et toulù (a cpotem^ placion du duc, Anglois se disposèrent à partir et à faire retom* devers iem* rpgioa , là où le duc à primes à ce portemeet vQhi\ viser à son honneur et à faire chose quifetfsf bien faite selon le temps et )e cas« t^ pouf rbonneur du roy Eduard , comme po^f le comte de W^rwic dont le frère es(eit l^, cbief de l'ambassade , comme aussi pour son propre honneur garder, qui leur avQî; d^mié P*4ye4 de passer \^ m^r et de venir devers ly p^ s^ prière.

Si vînt |e lundi [di^uesme d'octobre , ^i|# les An^glois debvoient partir et eux en aller vers Giclais. Dont le duc I4 matio/ie eeveyji devers eulx sa garde de joyaid:^ avecques un siep chevalier son maisire d'bestel ; efi« voia à pUisieurs personnes , et par diverse parchons^ jusques au nombre de deux fi4^ marcs de vasselle, dont une grand part; estoit dorée. Entre les quels l'évesque j^r^if deux flacons , les plus beaux et les mi^j^ ouvrés qui fussent en ce reyaulmie, i^eencques veus aiUei^. Si {ixren^ ces dons moult agrféfir blés k tous lez i et se looit ^c^m lugmlite^ ment de sa part. Touchant les principaux ^ H touchant les pluiseurs nobles hoaMnes cji^a* liers et escuyers , dont en y avoit grand MOr bre , n'y avoit nul qui n'emt eu drap de soi^ ou aultre chose ^e valeur, de jt|Moy A se loasc du venir ; nieismes jusques aux «cMstriers , liéraulx et gens de bas mstrumens , sur um§ estoit faict provisi(m en largesse d'argeet, dont moult se louoient,sansce, que de toutes despenses Élites en la ville ils furentdesfr^y^, jusques à ung desnier. Et en cest estât par^ tirent Anglois de Hesdin , après boire , là om révesque manda et fit signifier au duc que , s'il lui plaisoit lui faire cest honneur , en cas qu'il allast en Turquie , qu'à le recevoir en sa compaignie, il le serviroitàses propres cousts et despens, tout le long de son voyage, à trois cens combaltans. Si fut Toffre nioult aggréable au duc ; car ly movoit , ce dict, de hauft et bon coiTage. Et l'en prisa molt ; et en

ÛBi

GEORGE CHASTELLi^lN.

temps et en lieu Ten feroit remercier , ou mesmes le feroit de bouche au retour de Bruges. Mes nouvelles vindrent tantost après leur partement y de nostre saint père , que conclusion estoit prise avecques les nations d'Italie » de partir en la prochaine saison du printemps. Par quoy le duc qui estoit le plus loingtain, se ensievir voloit son promettre , et ce qu*avoit feict dire par ses ambassadeurs, Tévesque de Toumay et messire Simon de Lalaing , il estoit convenable qu'il apprestast son armée à la Chandeleur, et que ly meismes , dedans le mois de mars , se rendist en Bourgoingne , pour tant plus approcher les Italies. Car vray estoit que lesdicts ses ambassadeurs Favoient obligié et asservi , sans condicion nulle, de meismes soy y rendre en personne , comme par son propre command avoient receu en charge de sa propre bouche, voire en cas que ils vissent ce estre convenable et expédient de feire par les condicions qu'il y avoit mises; c'estoit : que le duc de Milan livrast son nombre promis , et qu'il y feust en personne ; ensemble que toutes les nacions d'Italie parfeissent aussi leur promettre ; et que ordonnance et provision fust mise sur le fait des vivres et des passages avec l'assistance promise de Yéniciens. Ly après ne se vouloit différer , ne plus prolonguer sans accomplir son veu. Et voloit et consentoit, et meisme le commandoit, d'estre obligié, quand on en verroit Topportunité. Et eulx lesdicts ambas« sadeurs , posé que ce leur fust une chose de grand poix et bien difficile , quand ils ont veu toutes ces condicions venir à effect, ont obéy et obligié leurs envoieurs. Par quoy, Tobligation faicle , Thonneur y pendoit après inséparable à jamès par faulte ensiévye.Et par ainsi doncques la journée qui estoit assise à Bruges en avril, n'estoit possible à tenir, sans faire faulte en ce qui estoit de plus grand astriction d'honneur ; et y fallut pourveoir par aultre manière , comme cy après se dira.

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