‹ Œuvres historiques inéditesChapitre 257 sur 494 · CHAPITRE LXXT · texte numérisé non relu

CHAPITRE LXXT

Comment le duc eavofa le baatnrd de Bourgalngne U Kconde fois deiers son fili le comte.

Venir faull doncques à ceste paix entre père et fils , là où cliascun béoît et avoit regard , et par qui discorde chascun avoil les oreilles longues et pendans en iristeur sans corage , sans que des moyens et principes do cecy 11 convenoit dissimuler et en peu parler, pour cause. Toulesvoies, parles dan-

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m tdiiion de IMS, qu'on retrOiiTfi h In rnliIâiDC pallie , les dix-hutl cliiir'"'^*

GEORGE CHASTELLAIN

giers qu'on véoit apparens ,'que ceste hanlte glorieuse maison de Bourgongne en succombast laidement en diminution, comme on y véoit à tous lez subtilement tirer , et comme aperra cy après , tout le monde pomre ou riche désiroit cestui rappaisement et que Tunion y feust trouvée, saichant de vray que , quand Tunion y seroit mise , nulle machinacion d*bomme ne nulle fausse subtile Toie trouvée ne forgiée n'y auroient lieu , et n'y auroit ne dent ne gueule qui y oseroit mordre , ne qui y sceust ne qui y peust prendre riens de son avantage. Et pourtant désiroit chascun que les deulx se trouvassent ensemble, et qu'après hardiement le voyage se feist au nom de Dieu, sans y mettre différent. Si y ralla la seconde fois le bastard de Bourgongne ; au quel le comte respondit Bnablement : que point ne se voloit trouver en lieu oii estoient ceulx qui avoient conspiré et conspiroient en sa mort; et en nomma aulcuns; car amoit la seureté de sa personne, ce dist, devant le pourfit qui luy poroit venir d*une folle et légière acquiescence. Toutesvoies, tant se pressa le dict son frère bastard qu'il s'en vint jusques à Berg-sur-le-Soom et passa la mer. Et là vint devers ly la ducesse sa mère, qui moult luy dist de nouvelles, telles qu'avoit apprises, peut estre plus certaines les unes que les aultres, et les quelles donnoient paour à elle et peut estre manasce à son R\s , dont l'effect oncques ne fut, ne la cause avecques, ce penséje, si avant comme on donnoit à entendre. Car couroit voix que^e duc disposeroit de ses pays estrangement , et les livrcroit en main aultre que de son fils, par air(l) de ce que point ne voloit venir devers ly et user de son conseil. Par quoy le comte , qui volontiers y eust remédié , se conseilla sur ce avecques sa mère et aultres pour en faire au mieulx.

Or est vray que les bonnes villes de Hollande par commun accord ayant grand faveuç à cestui comte, et voyans et oyans cestes estranges nouvelles courir : que le duc à son partcment priveroil quasi son seul unicque fils, vray héritier, de ses pays, d'auctoriié et de gouvernement sur iceulx, et le laisseroil désolé et à l'abandon de maint péril qui en porroit ensieuvir

(^) Colcre.

tant pour ly que pour eulx , s'avisèrent de foire unes lettres par commun aveu, addressana aulx quatre membres de Flandres pour prendre là leur chief. Et tendans à prendre en eulx aide et conseil , leur firent narracion des estranges nouvelles qui couroient , et comment le duc qui estoit apparent de partir pro-r chainement et de laissier les pays de dechà , ne sçavoient comment ne en quelles mains , attendu le courroux qu'avoit envers son fils et dont l'indignacion leor estoit dure et annuieuse.Si leur prièrent, qu'en avanchement de tout bien en ceste matère, tant pour ungr que pour aultre, et afiin d'aviser aulcun bon moyen dont le fruict redondast sur toutes les parties , ils voulsissent , comme chiefs et moteurs du sens et du pois de ceste oeuvre, signifier, prier et mander à toutes les bonnes villes du pays de deçà , qu'en faveur du bien entre le père et le fils et le pourfit de tous eulx , ils voulsissent entendre et délibérer à prendre une journée, là où tous deulx ensemble se po»roient trouver à Bruges , et de là aller par ung commun accort eulx ruer à genoulx devant le duc, et luy prier, qu'en compassion de tous ses bons et humbles subgects , il leur voulsist declairer ains son partement en quelle main ne en quelle gouvernance il les lesseroit, car durement leur desplaisoit ce que ils avoient entendu et oy : que indigné estoit sur son fils, par quoy commettre ne lui vouldroit en ses mains nulles de ses seigneuries. Et sambloit aux HoUandois, que par ce moyen on feroit parler le duc , et luy donroit-on matère pour^ aulcunement leur ouvrir de son corage ; et puis après, eulx aussy auroient matère d'intercéder vers ly pour grâce et clémence envers son fils^ et d'estre moyen de bonne ouvre. '

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