‹ Œuvres historiques inéditesChapitre 258 sur 494 · CHAPITRE LXXYI · texte numérisé non relu

CHAPITRE LXXYI

Comment le comte de Charolois manda venir les eslats de tous les pays en la ville d'Anvers.

Sur ces lettres icy, Flamens conseilliés conclurent d'acquiescer aux Uollandois en leur requeste , car n'y véoient ne ne senioieut chose qui ne feust licite à faire et qui ne compétast à

rtonneur de leur prince et salut. Si envoyé-

cnuoNiQun des ducs de bourgogne.— n* part.

rent par çù par là cnBiMibant et en Ilaynault par les bonnes villes faisans narracion des HoU lundois dont avaient eslé incitc-s de cecy faire pour le bien des pays , et prièrent que lib^rulement ou voulsist entendre à ce que journée sortîsl à son eOeci en Bruges pour cesiiiî afkire. Si furent les lettres aggréables assez par tout , et prisi-on avis dessus.

Oradvint que pendant ce temps que le comte se tenoit à Berghes, aveucques sa mère qui inoult estoilen dur annuy que son fils, comme luy sembloit, seroil fait tout estrangc du pays de son père et non creu d'y avoir auctorilé luy absent, vindrent nouvelles couvertement au comte ei à elle comment le duc|devoit semondrc les trois estas de tous ses pays , à estre à Bruges devers ly le neuviesme de janvier, pour avoir avis et conseil avecques eulx sur la discorde d'entre ly et son lits , et au surplus aviser sur la convenableté de son voyage ei sur les dcppendances d'îcellui dont la provision seroit nécessaire. Certes de la quelle chose alors quand le comte se trouva adverti , pensa en ly meismes ; et trouva en son conseil que l'anliciper seroîl bon et utlUe pour luy ; èl sentant tous les pays estre fort alVectés & ly, et non souffrans que jamùs homme eust nain sur eulx , que le vray seul liéritier , fit faire lettres ù force ; et envoyant message par les champs , escrivy et requisi à tous les estas des pays, bonnes villes et aultres, que pour aulcuns grans alTaîrcs qui luy toucboient , voulsissent estre et envoler leurs députés en la ville d'Anvers le troisième jour de jenvier, là oh il seroit eu personne pour communiquer avecque eulx de son affaire ; et ce leur prioil le plus instamment que pooit, et qu'en ce n'y eust point de faulle. Si advint que ces lettres ainsi escripies par anticipacion de temps , dont le duc ne savoil riens , furent Jà venues et receues par les bonnes villes la plus grand part, ains que les lettres du duc faisant mencion de la journée du neuvième vinsent à congnoissance ; et fut jà'conclut sur la requeste de premières lettres du comte; et en estoient en voie et en' chemin les députés pour aller en Anvers. Pw quoi, quand ces secondes lettres vindrent du duc, qui igoo- ,, Ml ce personnage , furent tous entrepris les \ gens des bonnes villes. Et convint ordon-

ncr nouvelles gens et envoier après les premiers partis, et leur donner charge de comparoir à deux journées a(Qn de satisfaire à toutes les deux, et de euk conduire là selon la convenableté du temps. Si vint le cas eu la congnoissance du duc , comment sa journée mise au neuvième avoit eslé anticipée par son filsde six jours, et que les mesmes.ceulx qu'il avoit mandés h Bruges , le comte son fils les avoit anticipés en Anvers. Si s'en couroucha le^duc aigrement , disant -. <• Comment, déal mon fils prend-il ceste aiTogance en ly de mander les estas de mes pays, rooy vivant, que nul ne duibt ne ne puelt faire que moi ? Dont luy vient cestuy orgueil? Or chà! je ne diray^ point ce que j'en pense, mes j'en feray sans dire mot au gré de moncuer. Et debvroient voloir mes subjecls non avoir silostobéi. " Et prestement fit faire lettres de rechlef à toutes les bonnes villes , par les quelles leur signifioit : comment se donnoit merveilles de quoy son fils se présumoit de mander les estas de ses pays , luy vivant , et comment eulx, par frivoUes et falourdes données à entendre par son fils, si légièrement cuudescendoient, et sans son sceu, à luy obéir en tel cas; le quel son fils, quand il venroil devers ly, et se porteroit tellement que ung bon fils doibt faire envers son père, n'auroit cause de se doloir de ly, mes ly i seroit bon père et seigneur , et Ici (|ue l père] doibt estre à son bon enfant. Dont|'i comme il avoit entendu que lioUandois avoiei esté susc il eurs premiers de ceste euvre, t donnoit grand merveille dont ce leur mo>^ voit , ne qui les avoit mis en telle présompcion de ce oser emprendre, Prioit pourtant et mandoit : que qui parti ne seroil, ne se irouvast pas devers son fils en Anvers , ou qu'on eontremandast les envoies. Mes ce fui trop tard , car par le sens des bons et des notables , partout on pourvoit] tellement enl'uDget es l'aulire, sans desplaire necomplaire qu'à poînl,^ que quand ce venroit à la derraine journée'l du neuvième jour, on esperoit que le duc sel tenroit contenl^de iliascun, tt le comte perplex auroit esté oy f t reconsolé, et peut estre J servi aussi , et profil-' — — «Umem en sa caus9j par ce qui P'

GEOKGE CHASTELLAIN.

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