‹ Œuvres historiques inéditesChapitre 274 sur 494 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Comment le roy doubtoit la déliTrance dadict Philippe, poar ce que sur sa seorté il l'avoit empri- «onné.

Ce jeusne prince Philippe , entre tqns les enfans masles de Tostel de Savoye , estoit le seul bien et le mieux adressié; estoit bel prince et révérend de corps , sage et vaillant , et de hault emprendre , et garni de belles vertus; estoit !homme de grand effect, s'il eust esté au large. Il estoit fils du cousingermain du duc et son filleul , et de son nom portoit à nom Philippe. Le duc son parin ï'ama très fort pour les biens qui en ly estoient; et lui desplaisoit son annuy, sMl y eust sceu mettre remède ; et depuis s'en essaia à Hesdin, quand le roy y fut; mes peu y profita ; car au vrai dire , posé encore que le roy n'eust point d'action' contre ly si criminelle comme pour le foire morir , et qu'à ly ne compétoit point la punicion , sinon voluntaire et forcée , et que tout le monde l'entendoit bien ainsy , toutesfois , parce que le roy le congnoissoit homme de corage etde(fiiiiL i

effect, et qu'il doutoit bien qu'en ternp^ advenir sa prise et sa place ne lui cuisassent, et en prendroit vengeance où que ce fust et comme il estoit vraisamblable , le roy, comme plus à tort que peust avoir esté pris , difliculta trop plus son délivrer que ne fit la prise*de sa personne , pour se saucier en corage. El pooit faire ang argument le roy en soymeismes , que : comme sur promesse et royale seurté il l'avoit fait venir devers ly , et depuis le prendre et manassier de mort , que aussi bien , après sa délivrance , quelque promesse ne serment qu'il auroit fait pour vuider prison , par samblable à lui fait devant , il le porroit rompre ; et n'en seroit à blasmer devant ly , non plus que ly n'en doutoit estre blasmé et commencbeur de faulte.

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