CHAPITRE V
Cnnimcnl le voy te traiivn A Ilesdinovocle duc, et des de viscsiiii'ilsvuveat eiiBcuible Juuuiutc de Cliacalata.
Retourne à tant ù la matière du roy et du duc, donl chacun attenduit la journée des Aiiglois qui approclioil. Leroy, qui e.-toil à
Dampierre , fit son retour à Ilesdin , vers l'extrême de juîlet ; et alla le duc au devant de ly , dehors la ville ; et logea le roy au chasleau , comme il avoit appris. Amena avecques ly son frère le duc deBerry,le prince de Navarre, fils au comte de Fois, le comte de Perche, fila au duc d'Alenclion, le comte d'Eu , les deux frèresà la royne, en faveur de Savoyc, le marquis de Saluce , le seigneur de Monlauban , le seigneur de Craon , le chancelier de France et tout son grand conseil , et multitude d'autres barons et chevaliers, dont ne sçay le nombre. El comme par chacun jour le roy et le duc s'entrevêoient en leurs chambres , cheurent en devises eux deux sur le comte de Charolois, duquel le duc sçavoit bien que le roy avoit cuer contre ly, et que ly-meismes en temps passé, par argu qu'il avoit pris encontre , s'estoit assenii avecques le roy de lui tenir durs termes , ce de quoi le roy estoit bien aise. Si avînt que maintenant le duc , en parlant de son fils au roy , en parla en tous aultres termes que n avoit appris ; et jà-soil ce que dés la première convencion qui s'estoit fuite à Hesdin, jù ung an avuil, il avoit promis au roy, et à sa requesie, que jwinl ne lui rcndroii sa pension que lui avoit rompue , que ce ne feust à son gré et à son sceu , louiesfoîs â ceste heure , ayant congneu et longuement expérimenté le sens et patience de son dicl fils , le dammage qui lui pooil ensicvir à cause de ceste division , avecques ce que tous ses pays favorisoient à sou dict fils et le purtoient, mua corage , et retornant à condicion de père , pria au roy qu'il voulsist estre content que rendre lui peusi sa pension. Et nonobstant que ce il peusl Lien faire sans son congié , loultesfois si lui en pria-il pour s'acquitter en sa promesse qu'il lui avoit faite. Comme doncques le royoyst ceci, que l'amour estoit renouée entre le duc et son fils, et que jà avoit perdu l'espoir ((ue avait eu en leur division ensemble, commencha il parler ung peu roidement sur le comte , et à lui donner plusieurs charges par lesquelles il démonslroit au duc qu'il n'avoit cause d' estre content de ly , mes de luy voloir mal , à juste liltre. Kl entre autres choses lui impuloil qu'il avoit f;iit alliance avecques le duc de Brelagoe
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lequel il clamoit son ennemi et son rebelle ; et comme telles choses ne faisoient à souffrir , estoit bien content aussy qu*on congneust qu'il ne lui voloit point de bien. Mes le duc, qui estoit froit en respondre et avisé, respondy : « Monseigneur , vostre grâce soit sauve! je suis tout seur et sçai bien qu'oncques mon fils ne fist chose qui feust ou peust estre contre vous , ne de quoi il peust avoir blasme, et de ce je Tose bien plenir et respondre pour ly » . Mes le roy répliquant sus ^ le duc son oncle maintint toujours ses termes, plus, ce disoit-on, par souspeçon et fauU donner-entendre que par attainte du cas. Et lui movoit ce, de ce que messire Jacques de Luxembourg , frère au comte de Sainct-Pol et à la ducesse de Bretagne , demoroit avecqaes le comte de Gharolois , et estoit de la maison du duc de Bretagne fort amé et prisé , à cause que norry avoit esté au pays avecques la ducesse sa seur. Dont , parce qu'il estoit capitaine de Rennes, et envbyoit souvent par delà ung sien escuier , nommé Antoine de Le Met , son lieutenant de ladicte ville', le roy, pensant qu'en ces allées et venues de Tung pays à Taultre il y pooit avoir quelque couvert mistère et secret entendement , y prist imaginacion et malvais pied. Et quoi qu'il feust du faict , on me dist depuis que le roy fit tendre sur ledict messire Jacques , et pareillement sur son lieutenant ledict Antoine, pour leur faire maulvaise compagnie; et en furent en tel dangier, tel fois veis-je, que ne se feussent osé trouver au royaulme, combien que moi, bien accointé et très privé de tous les deux , les interrogeant sur le cas , quelle vérité y avoit, lésai oy jurer par grand serment : que oncques n'en furent requis de l'ung costé ne de l'aultre , ne n'en avoient eu charge , sinon qu'en faisant amiables recommandations de Fung à l'aultre, comme parens qui s'entreaimoient ensemble de bonne amour, comme princes d'une venue et d'un temps. Et pareillement le comte de Gharolois , comme il apperra cy-après, s'en excusa par toute telle manière , et s'en excusera en public devant les ambassadeurs du roy, lors qu'ils . meturont en termes ceile alliuce. Et .iKir ;iîiisyjedisqa0,ceqiia^ tt
ceste alliance de son [fils devant son père « luy procéda plus de souppechon que de vraie attainte ; car en effect, oncques n'en fut riens jusqu'à ceste heure.