‹ Œuvres historiques inéditesChapitre 282 sur 494 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

Comment, après que aToit \en qne la journée des Anglois toumoit à petit effect, le roy pria au duc le surattendre à Hesdin.

Or avoit le roy Loys de France besoognié , ce lui sainbloit, avecques son bel oncle, ce que faire y pooit pour celle saison ; car estoit la journée des Anglois venue à petit efiTect , qui avoit esté la cause de le foire venir à Hesdin , 'et de le faire vuidier hors de son pays de Flandres , où gisoit tout son affairé. Dont , pour ce que la journée de convencion arrière estoit remise au premier d'octobre , pria audict son bel oncle que là voulsist surattendre encore jusqnes audict jour , afin de venir à chief et à fin des promesses entreparlées à deux lez , c'estoit de paix ou de longues trêves ; et puis ce fait ou failli , disoit le^roy, le duc s'en retourneroit là oii il voudroit , à son plaisir ; et pendant ce temps, ly meismes le roy aussy demorroit là entour, et ne s'en bougeroit de gaires loing jusques audict. jour venu , comme son intencion estoit. Mes en peu de jours après, novelles lui vindrent que Anglois vaucroient par mer ; et craignoit-on que ne voulsissent descendre en Normandie. Si alla à Rouen ; et là venu et sejorné peu, de jours, se alla logier à Mauny, à cinq lieues de là, en la maison de messire Pierre de Brezé , comte de Mallevrier ; et y fut par Tespasce d'ung mois ; et la royne estoit demorée à Neufehastel, dechà Rouen , en signifiance du retour que voloit faire en Artois sur rapprochement de la journée. Or disoient gens, que deux choses movoient le roy forment d'entretenir ce duc cy en Hesdin près de ly : la première et principale si estoit, pour Tamour des Anglois , aveucques lesquels il voloit avoir seurté et amour s'il pooit : mes sçavoit bien que , sans le moyen de son bel oncle , n'y parvendroit jamès , si à grand dur non ; car sur ly et en ly pendoit tout, comme seul qui le roy Eduard avoit fait roy et mis en son tronne. Si n'estudioit maintenant qu'en le tenir encore près de ly , par belles paroles et amusemcns jusques audict jour, et ne craignoit riens que son

eslonge. La seconde cause se disoit en couvert , mes je n'afferme pas que ainsi feost ; et disoit-on que le roy devoit avoir sceu, par calculation des étoiles là haut , ce en quoi il mettoit fort son attente de tout temps, que le duc son bel oncle devroit avoir ung dur et périlleux accident dedens le mois de septembre , par quoi, se mort en ensievoit d'aventure, ce lui porroit tourner à graqd joie et profit quand il s'en trouveroit près; car disoient ceulxqui cecy mettoient avant : que son intention estoit , se ainsy avenoit , de saisir le chasteau de Hesdin avecques ce qu'il y trouveroit, avant que le comte de Gharolois y venist , et autres terres et places , tousjours en désavantage dudict comte, lequel il héoitàfelle; .et eust eu deux ou trois millions d'or vaillant que le duc avoit apportés là , qu'en argent, qu'en meubles. Et par ainsy, par la haine que avoit audict comte, partie aussy par la cremeur que avoit de ly , s'il venoit à règne et à terre , poroit-on colorer cest article , et que le roy y pooit avoir pensé ; mes pour l'onneur de sa magesté , ne lé voudroie affermer pour vrai , si non pour paroUe volant.

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