CHAPITRE XXVII
Ckmiment Ton aflsa de faire retootner Varmée de mer
de BfanelUe.
f^> Y atoit des aultres qui disoient / mes si estôit-ce en couvert :que le bastard de Bour^ goigne et messire Symon , de leur avisé et froît sens , avoient empris ce voyage à fournir Tannée toute oultre et entière pour la sommé de cent mille escus , lesquels leurs furent baillés et délivrés au chastel de Lille ; par quoy, puisqu' ils avoient empris délibérément et sans contrainte , à tort venoient re* querre le duc maintenant de parfournir, qui n'avoient fait encore que le demy an ; et parainsi , s*ils avoient riens legièrement empris et ipi leur feust à charge , raison voloit qu'ils en portassent le meschief au moins mal que féroient eux mesmes. Mes cest argument n^avoit point d'ascout. C'estoient deux nobles chevaliers qui ne faisoient point à noter en nulles charges; aussy le retour ne Taller avant ne tenoit point à Targent ne à la misenovelle, sMl n'y enst eu aultre regard ; mes il tenoit à la gravité des grans affaires de la maison de Bourgoigne , qui pendoient devant Tœil , et auxquels il convenoit soi pourveoir de longue main et couverte , comme de longue main on lui machinoit des aSkires et des impulsions estranges.
En fin des longs argumens on s'arresta à ce, et s'y consenti le duc : qu'on remanderoit Tarmée, et envoîeroit-on à Marseille et en Avignon homme propre pour rechevoîr l'artillerie qui estoit dedons la navire , et la met- Iroit-on en A\ignon soubs la garde de la ville jusques au mars prochain, que le duc espéroit soi mettre sus. Et furent les nobles de la
cour plusieurs joyeulx deTce remind pom ravoir leurs amis; mes gaires ne dura; csi vint tantost après une lettre que Torqui ^ ung gentilhomme , envoya à court au forrier di duc , qui felsoit mencion comment monseigneur le bastard avoit envoyé à Rome deven le nouveau pape, pour sçavoir quelle choss il avoit à f sdre de son armée ; et rescrivoit que le novel pape Paulus lui mandoit et prioit qu'il se voulsist tirer devers ly et devers le duc de Venise, aveucques plusieurs aultrei choses narrées dedens. Par qooy , quand ces lettres icy furent sceues du duc , qui les vit et lisy, rompit sa conclusion faite , et se te^ mist sur la continuation du voyage tout et oultre ; etn'y avoUhomme qulVen sceut rompre pour celle heure. Mes les choses se mué* rent depuis d'elles-mesmes.