‹ Œuvres historiques inéditesChapitre 301 sur 494 · CHAPITRE XXX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXX

Comment les enfans iln pr[nce d'Orenges s

lirÉGVDler pour avoir droit en leur ilifKreiid.

Et encore en confermant ce voyage cl le bon vouloir que le duc y avoil, le duc lîst convenir le premier jour de septembre à Sainct-Omer tous les prélats de Flandres et d'Artois, lii où par la bouce de l'évesqiie de Tom-nay , fist demander à iceulx , en vertu d'unes bulles du pape Pins, la somme bien de ung million d'or par manière de dixme; de laquelle , plus en faveur du duc que du pape , lui accoT'dèrenl trois cent mille libéralement, a payer au jour que le voyage se meltroit sus. Et s'en tint le due à bien content, qui encore alors ne sçavoit riens de la mort du pape ; mes )e sçut lemprement après , par lettres qui lui furent envoyées de Rome , de sa mort , et de quoy toute la cour en esunt joyeuse , pour ce qu'on espéroil que le voyage en seroil rompu, el que le duc en esloiiquîcle de son oblij^alion envers le pape mort. Mes iiéuntmoins mAintint-il toujours qu'il y iroit et qu'il ne le lesseroît point pour tant, se le pape novel lui en fasoit poursieule , et que ses affaires le peussent porter; là où je fay lin ù ce voyage , d'autant qu'il en est oppam

jusqu'à ce jour premier de février l'an soixantequatre (i). Le surplus qui enaveura m'apprendra comment j'en devrai escrire , et atant je le lesse en la main de Dieu , et retourne aux enfans du prince d'Orenge mort, mis en estrif et en discorde ensemble à cause de leur partage, comme avez oy dessus. Et venus maintenant à leur jour , chacun pour déclarer son droit devant le duc assis en siège de justice, publiquement promurent leur fait par avocats. Et premièrement, comme soi plus dolent, le Jeusne fils du derrain lit d'Ermignac, fit proposer premier pour ly hautement et à grand pois, et fit produire et mettre avant la force dont son frère aisné usa en ly , de luy avoir osté tout ce que devoit posséder par loi et coustume du pays, et par testament fait du père, et du tout; et faisant démonstrer le bon droit et le pooir que le père mort avoit eu en ceste ordonnance du testament, sans frauder son aisné ne lui.déroguer en riens, fist démonstrer au duc : comment venu et descendu du duc de Boirry, il estolt prochain parent au duc et son humble subject , et lui prioit et requist humblement pour estre tenu en droit encontre son frère. Et en ce faisant et démenant ceste matière , son avocat , qui estoit notable homme et bien enparlé, il luy eschéit à dire comment le duc aultresfois, en faveur du jeusne novel prince maintenant , sembloit avoir escrit et donné mandement contre ly, et lesquels lui véoient justice et vuidoient termes de raison. Et voloit dire cest avocat icy, pour ce que ces mandemens venus ainsy et procurés , estoient desraisonnables et contre Thonneur de sa hautesse , que ly n*en devoit jamès avoir riens sceu ne consenty à les donner aînsy ; ains dévoient avoir esté impélrés, luy ignorant , et par voies obliques de sa partie adverse. Cest article ici taisamment le duc le nota et le tint en gorge , et cuidant ravoir bien conceu ; mes non fit à Tintencion du disant ; le lui remist en bouche après bien aigrement et à felle ; et lui demanda qui il estoit ne de quel pays, avecques pluiseurs autres paroles cy-après récilables.

(1) Ancien st> le, et 1465 non? eau style.

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