CHAPITRE XXXI
Comment Tantre fils fitt proposer par son adfocat sa
deffente.
L*aisné fils , qui se nommoit prince d*0renges, maintenant après sonjouvenor (1) avoir proposé et fait dire son plesir', fit proposer aussy par son avocat sa deffense , qui bien s'y porta ; et ne laissa point à donner objection à tous articles de Tautre , là où elles.avoient lieuv Alléguoit avoir droict et auctorité de faire ce qu*avoit fait , à cause d'aviage (2) , et que ensievant tous les ancestres et les progéniteurs de la maison de Chalon, qui oncques n*avoient souffert ne volu souffrir escliser d'ensemble ne dessévrer les parties, que cestui* cy|, son jouvenor, voloit traire devers ly, dist que jamès ne le souflOreroit point ; aussi qu'il n'estoit de moindre condicion que les dessus dits; reboutoit le tesument, et le réputoit de nulle vertu ; alléguoit abus en son père mort , et impuissance de ce faire ; et par diverses improbations monstroit le testament faulsaire non aucthentiquement fait;, ne escript, ne signé par manière séant à si grand cas -, alla reprendre sa généalogie depuis mille quatre cens ans jusques au jour du présent ; monstroit la fille d*Ermignac riens avoir apporté en la maison de son père , et moult d'autres choses longues à conter, dont je me passe , et pour venir à ses fins; et finablement, quand tout avoit dit, vint à prier et requérir qu'il peust estre tenu de droit et de raison encontre son frère mains-né , qui voloit destruire sa maison. Et atant mist fin à sa parole , en toute humilité et révérence envers le duc.