‹ Œuvres historiques inéditesChapitre 303 sur 494 · CHAPITRE XXXII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXII

Comment le duc se conrroucha à TadTocat du premier proposant , et é^idens manasses qu*il lui fist.

Si tost que cestuy-cy ot fine sa raison , y ot un second avocat du mains-né, qui prestement soi ruant à genoux , demanda congié au

(1) Plus jeune frère.

(2) Suite d'ajreux.

GEORGE CHASTEILAIN.

[isos]

duc , et pour {jracc , de rëpliquier sur sa parole. Et olors le duc ayaat en gorge toujours les mois de l'autre avocat passù , demanda: ■ EstGS-vous cely qui avez faicl la proposilion prcmiùrc de devant , pour beau cousin de CliasLeau Cuion? — Nenny , monseigneur , ce dict cely ;,ce a este maisire JcLan ici présont. » Lequel avecques le mot se rua à genoux , disant : •• Mon très redoublé seigneur , ce suis-je. " Et alors le duc lui demanda : " D'où esies-vous ? — Mon 1res redoubté seigneur, ce dlst, je suis de vosire comté de BourQuingne , dont je vous coguois pour mon souverain seigneur. — Et comment doDCques, puisque vous me recongnoissez pour vosire souverain seigneur, me osez-vous venir injurier icy en ma face , ei dire que j'ay deflendu la voie de justice à mesofliciers, en vosire coBiruire; vous poez bien cstre un grand clerc , mais vous estes un fol. Ne tient à peu que je vous lace cher comparer vosire folie. J'ai tout mon vivant esté prince de justice ; el ne faudray jamès à l'csU'e, se Dieu plesi, pour vous ne pour vostre dire. " El se troubla le duc , au grand despicsir des assislans , el de quoy tout so rompit te soirlà i et ne pot oncques venir l'avocat ù son excusation ue à la déclaration de ce qu'il uvoit didi car le duc n'y voult entendre ; et s'en alla , disant qu'il n'esloil point clerc ne homme de parlement pour oyr plaidoicrie. Fut loutevoies remitigué en son ire le lendemain , parce qu'on lui donna vivement à entendre l'intention de la parole de l'avocat^ et enfin en fut content i car c'esloit uugtrès notable homme. El U la plus grant peine du monde après on list apoinioment ciUrc les deux frères ; et fut ordonné , par forme de provision , sans nulluy décliner ne cstoidre de son droit , que ce maisné auroit sept mille francs de renie pour vivre, jusques au terme comptaient que l'on poroii plus pleinement et plus à son ïiisB pourveoir en ceste matère. Et contens à tant, pour l'eure d'alors, les deu\ lp/. de rLippuinlemenl, prindreni congié du duc, et s'en allèrent. Etcstoilbicn tenu ce novel prince d'Oronges au sieur de la Roche, par qui moyen il avoit beaucoup sa querelle bonne devers le duc , car ledicl de la Roche le portoit. Si faisuit le duc en samblaot. ,

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