CHAPITRE XXXVII
Commenl le duc prîit hiItîs atencqaea cealt de Mo conseil de ce qu'il autoii à hiie ta cette guerte.
.Je lesse doncques ce bastard qui s'en va singlant par mer , à tout son entreprendre , et de quoy n'esioit novelles , fors entre le roy et le seigneur de Reubeopré , aveucques peu d'autres, et viens au duc de Bretagne, lequel, marry durement de ce que le roy le quéroil ainsy k deflaire et sans cause , prist avis et conseil sur ce aveucques ses barons, pour savoir quelle chose lui séoit à faire sur cestui cas ; car se scnloit de bonne volenté de se delTendre en gardant son droit. Si porta l'avis ainsy : qu'il scroil bien que le duc averlist le roy par unes lettres de ce dont le nipport lui avoit esté fait; que le roy avoit quis et requis Anglois contre ly pour te de.siruire , avccques aucuns aultres du royaume, les plus puissans. Et disoient Bretons, que CL>stes lettres au moins seroieniau roy matère de le faire parler et de l'avuer ou de s'en parer. Se ne porroit-on faillir que par icelles n'atteignîst à Tembucement de son corage et de sa pensée lost ou tard, et après celasceu, conseil sur le tout. Cest avis feust tenu ; et fist le duc ordonner ses lettres ; mes ne sçay par oui conseil ; car II y avoit des ruineux termes dedens, et des iuticles (1« grande iuterpréuicion ; non-
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GEORGE CHASTELLAIN
obsfanl loiitifs voies, telles (luelles, fiireni dosca et sifjnëe» et envoyées au roy, i^iii jà estail retourné de Roan et s'esioit venu loçîer t Novïon, emprès Abbeville. Lequel, quand les avoît venes et leiies , pense« rpie point n'estoit h son aise , ains troublé durement et entrepris en cuerpourla manière de l'escrîre. Si les monslra au soigneur de Moniauban, admirai de France, qui n'amoit point le duc Bon seigneur , ce disoiton , ponr ce qu'il sentoJt bien et co[;Doissoit que le duc l'avoit ù regret en son corage pour la mort de monseïffnenr Gilles de Bretaigne, eteraipnoit fort que une fois le duc ne Ini en fist malvsisc compagnie. Dont, pour soi fortifier du roy, esioit bien content de porter et maintenir sa querelle contre le duc , son seigneur naturel. Or, avint, qu'on la novelleté de eesies lettres venues au roy , le premier jour ou le lendemain , le sctj^neiv de Croy arriva à Novion et vint veoir le roy ; et îcellui venu , le roy, après aap, peu de devises léfjières , lui alla inonsirer Us leltret du duc de Bre- (aigne ; cl par manière de doli'ance , lui pria fju'il les IkiM; cerpie fit le seîjneurdeCrf^y. Si misi peine à les inierprétfr sur le meilleur ptiiy, mes n'esioîl en pooir d'homme d'en contenter le roy , ne qu'il les peust tourner en bien. Au pwtir de la messe t - Hesse ! ce disi le roy au seigneur de Croy, portez cesles lettres & beaux oncle , M lui monsirez le sens de Bfetaigue; si orrez qu'il en dira : je pense que beaux oncle ne les eust en pièce envoyées pareilles. " Là print congié le seigneur de Croyt, et revint vers son maislre atout ses lettres ; et les vit le duc et les oyt ; mes ne les interpréta point en (elle aifireur comme le roy les avoit prises; car, Ji vnii dire , il ne donnoit pas le plus du tort au duc breton en sou couvert courage , ne au roy le plus du droit; car sçavoit bien que le roy le surqiiéroit. Dont , par son propre cMer il jopea de l'auFtroî ; et arçaoit en ly-meisme qm le duc de Bretaigne estoit un grand prince et puisiianti et telles gens envia se lesaeirt fuutep, et eiKoro en leur droit cl lionncur gardant. El ponr tant dissimula de ces lettres doucement, et m parla moins qu'il a'en pensolt.