CHAPITRE XL
Conidient messire Olivier par ledict camle icre lu qu'il aurait à faire tludi
<le La Marche fui emajé Jiic son |)ére, pour ftçaioir ( boslnrd.
Or, délibéra le comte d'envoyer vers son père le duc pour ceste matère , el de l'en avenir, ains tost que tard, aflin d'en sçavoir faire à l'expédient du cas; car lui louchoîtà sa vie , ce lui sambloit, et ù l'àme et an corps ; si ne sçavoit à qui mieux s'en conseiller qn'i sa seule personne. Si ordonna à Olivier de La Marche ceste commission, homme bien emparté et tout propre à ce faire. El violîcelui Olivier à Hesdin, el parla au duc; lequel s'esbahisâoit du cas, et le pesa beaucoup j car te sentoit de mulvais effecl, Comme toutefois il lui touchoit au cuer, comme de son seul fils, lui Ht briève délivrance. Et manda à son fils , par ledict Olivier mesme : qu'il feist interroguer et mettre eu question apperlenammeat ledict bastard; et qu'après, selonc ce qu'il y irtiuveroii, il en fcist à l'ordotmaoce
CimOMIQUE DES DUCS DE BOURGOGNE.— III' PART.. 351
[ des loys et costumes du pays de Flollande , ' lequel est un pays de justice , et bieo sçachant user sur tels cas et samblables , toucbanl la mer ; et voloit que ainsi eu fnist, sans y différer riens. Atout ceste lespouce , parr ^1 Olivier dii Hesdia ; et retourné devers son [ ^isire , lui dist ce que le duc lui manda par "ly; et en fut le comie bien joyeux; mes sy y alla-il encore à {;rand sons longuement et à froideur, alGn qu'en temps à venir, se brouillîs en pooit sourdre , qu'on ne lui peusl imputer que rien on lui eusi fait dire par force de tourmens; et aussi, par regard qu'il avoit au linag'e dont il estoit et à qui il appartenoit, il se voull conduire par sens et bon avis, pour lanl plus embellir sa cause ; et ainsi dst-il. Or estoit la court toute pleine decebastardpris; et se seignoienl gens et s'esmerveilloieut de son entreprise , et plus encore de la voix qui en corrolt sur le roy , ne dont lui pooit procéder tel corage encontre le comte , qui oncques mal ne lui iit. Si en ot des hnguages levés et reiournés en divers ploy ; et rameaoît-on en conle Philippe de Savoie, pris aussi et mené en la rois (!) eslrangement. Fut relevée aussi et refrestie, comme (lu jour devant , la mort du duc Jehan, et la manière de son atiraire ; et maintes autres choses furent dites et relevées à cesie cause par chascuu jour, en aulirui charge, et par especial au seigneur de Croy, pour ce que le seigneur de Reubenprê estoit son nepveu , fils de sa sœur, et leqnel de Reubenpré esloit cely qui avoit mis en oeuvre son frère bastard , de par le roy, comme le bastard propre l'avoît confessé ainsi. Doncques, comme vrai est que le seigneur de Croy se sentoit indigné it mort du comte de Cliarolois , et qu'à ceste cause il s'esloit fortifié du roy pour le temps futur, lequel roy aussi liooit mortellement le comte et ne s'en pooit taire, fui argué encontre cely de Croy , en lui ruant sur le dos, que vraisemblable estoit qu'il en devoil ou pooit sçavoir je ne sçay quoi , quand mesmes son propre nepveu conduisoit ceste oeuvre. Et me semble à moi , que ly mesmes le seigneur de Croy , quand il en eust esté le plus innocent du monde , si en devoit-il avoir
{i) IlcISjfllcl.
ceste mesme peur par-devers ly, et en fuirai les propres argumens du peuple, que je ré-1 cite en son contraire , car ja note y csttnt'J trop évidente contre ly. Aussi , cy après e^fl ensîevra chose par quoi touchant ly eu ( cas il en faudra plus avant escrire.
En' ce temps, au mois de septembre, i rut le seigneur d'Estouieville , capitaine dtA Munt'Sainct-Michiel , le plus rice bomnt d'argent contant , ce disoit-on , du royaum de France , et le quel d'Eslouieville , le r Loys, àl'entrée de son règne, avoit constitUii grand sénescbal de Normandie et gouvernepif de Rouan, que, par avant, avoii esté messir^. Pierre de Brcaé , du temps du roi Charles^î auquel messire Pierre , revenu en grasce ar*l rière du roi Loys, le roy lui redonna son of) J fice , et le restablit en tout. ïoutesfois fust-U* dit alors que le seigneur de Croy eust voltt>] avoir Testât et l'oflice du mort. Le roy les IoIlI offroit i car ledict de Croy esloit pour cellé'f heure devers le roy quand les nouvelles e^l vindreni; et mesmes ledict de Croy le mM dist à moi; mes ly, pensant à faire ung andj à peu de coust , et de ce point ne lui estoiî séant , ce lui sambloit, et hors de sa marché le refusa , et dit : « Seigneur, il sera irooi mieulx employé à monseigneur de MalievTierJ qu'à moi ; vous n'y poez meilleur commettre^l que ly, qui y est amé et congneu , et en aj eslevé le premier nom ; c'est ung noble the^ valier, et vault beaucoup de biens. eQ'ecl pria pour lui , ce me dist ly ; et ainsy 1 le reçut cely qui l'avoit esté premier, et* dont Rouan et toute Normandie Âreni grand ( joie. Si dis ceci pour donner à' rcniendement, ■ que tout ce que ce seigneur de Croy voloit,J avoir ne demander du roî, tout luy efr- 1 toit accordé et consenti sans refus nessun;.J mesmes ledict de Croy s'en esloit devisé au-' Irefois si avant, du propre temps que le^ ' terres sur Somme estoieni uuuvellement rendues : que s'il eust volu estre gouverneur dç Picardie et de toutes les terres rachattées jus- i ques il Kains et à la rivière d'Oise , il l'eust.* esté de parleroy;eI, qui plus est, gouvernant 1 de Normandie, de la nicsme part que le roi nvoîL donnée au comic de Cliarolois. Dont la causa I pourquoi le roi ce lit, ne à quelle (in, j'en ' lesse à Dieu le jugomcnl plumsi qu'à homme.
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