‹ Œuvres historiques inéditesChapitre 316 sur 494 · CHAPITRE XLVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XLVI

Comment le roy envoya deTers le duc , k Hesdin , lui prier ({u'il ne se bongeast, et comsienC le duc s'en partist.

Or, se doutoit aucunement le roy du parlement de son bel oncle de Hesdin , et ne tendoit que à le surprendre , visitant du jour à lendemain. Et pour ceste cause envoya devers ly ung maistre Georges Havart, son très prive ; et par icellui lui fist prier qu'il ne voulsist bougier encore de Hesdin, tant qu*il peust estre venu devers ly. Et le duc ascoutant ce, sans donner ne toilir , dist et respondist à celly maistre George : que , do son partir, ne scavoit quand ce seroit; mes il en avertiroit bien le roy ainchois. Et ne pot autre chose tireV ledict Havard. Cecy estoit par ung samedy, à heure de vespre; et le roy ciUondoit venir à Hesdin le lundi ensuivant ; et y devoit mener aveucques lui , ce disoit- on, sa grand garde, là où le duc do Toulongeon et aul^ 1 estoit tout seul , et mal accompaignié , et en

danQ;!er d'estre mis en tel ploy comme oa eust volu, parson plus fort. Si ne dis point que le duc en avoit peur, ne que le roy visast à .cela ; mes toute la généralité de la maison du duc, nobleset non nobles, réservé les Cioyoîs, çn avoient peur; et ne se doutolcnt que de inale mesure et de malvaise attente £i tous M»., tant pour une chose que pour aiiltre. 3)ont, quand ce vint le samedi à my-nuit, après que le duc cstoit concilié eh son lit, ^uudonné de tout le monde, fors de son valet de chambre Philippe Martin , dîst à iceljloi : que le mutin Lieu tempre on Féist ordonnât* ses sommiers et des olUces touclianl ly , .«e ses chevaux et de tout ce qui àppartenoit, au partement; car s'en voloil aller, et s'en îroit, à l'aide de Dieu, gesIr il Saîncl-I'ol. Et cela demora secret à tout le moiidc , fors à ce seul Philippe. N'y avoit ne Croy , ne évesquedôTournùyquî en SCetisseljt riens, ne le sire de Lannoy, ne autres, qui tous s'utlendoient, mesmes an lundi, que le roy y devoit venir , et qUe maisire George Havart , qui,couclioit ceste nuit à Hesdin, s'atteildolt à cela que le duc ne partipoil point à hasie. Et par aiusi Irestoas se trouvèrent durement débarretés le dimence au matin , quand ils oyrent le murmure de ce partemeut. Et ne tit-on oncques gens si confus comme j'en vis àcelle heure uulcuns , férus au front comme d'une , ibude en esbayssemont , non svaiciians dont ^ct pooit venir, ne par qui moyens , niellans lotis arjfumens contre eulx et souspecion en eulx-mesmes de note et de charge. Tout lo remauant s'en ensicuvi, princes et seigneurs, *. tt tous autres gentilshommes. Et eu t'onlraire de ce que aulcuns eu monstroient triste scmf))lant , ceux-ci , voyant eux et tout à escient, en firent joie et festc , disans qu'oncquos ce duc mieux ne fit, et que trop avait attendu, et trop y mis â le faire, qui se souffroit abuvrer de soupes en miel, qui cliicr lui cousieroieni s'il n'y avisoit.

Maisire George Havart ealoit parti ce dimence bien matin , premier qu'il feust |novelles de riens -, et s'en ulloil battant ferrant devers le roi atout ce que sçavoil de novelles du duc , et de ce que avoit besolgnié ; et ne pensoit jamès que ce paiteoK^ul se deusi faire i. Si fut à lieurc du disner devers le

roy; mais ne demora gaires après que no- Telles ne vindrent au roy , que le dlic par* i toit, el que jft tout esioit troussé et baggug| ' et ly en voie. SI en devint le roy MtrtpH» duremeflt et tout esbay ; et ne statBIt cfeci à '

3uoi interpréter , si noti à mlstèt-e fesfHngej unt partie pooit tourner sur ly par %o«p>peçon, paHie aussi sut- 18 dut-, qui y ertiett* doit je ne sfai quoy dé sitigMlier |ta|- quuj Il le fit. Et demora en cest estai eovirOH htift joui-squ'onCTiucsne bougra d'Abbetllle, pi#. nant avis sur ce qu'il avbit H faite sUrt:ep>N lonient, et le stifpitis He st?s alhli'es. tt n'eusi-on pas culdiô, seloncq Itj cns «dWiHI, qu'il s'en dcust esire côHlsBU ainsi l:t)*lrt6 ' ilflst.ne h si peu d'eHvof, He de fliftllb après; caï lui estoit dé grand tiolendegi-ailft petir ce partemeut, et beaucoup posé sur rt qui en pooit ensievir. Et h ceste tilttse M9M, se avisa de pOurvcoir et de t-éfflUdiet 8 l'cB^ contre de tout ce dont I! pooit pteBdrc iHiU»gination, que le parlemeni.se feust faHilcelIh cause, et avant qnepartittoulslsld'iibbèvilte de plé; quoy fit; et pourtéit en loui selditc^ ly, et Bdioncq propre vOletttt! dofit il ilWil , comtne mieux lui sembloit de faire ; et tlft quoy cy-après nous parlerons pliis au élw j quand présentement il Tenra «n coûte.

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