CHAPITRE XLVII
Âulcuiis poroient fonder te pan«iflèfli î* 1 en peur conceue ; aulcuns en despit et fieira | de corage; auttrés en caUâ(! raisonnable fit j légitime , et sur laquelle je m'arresié le pliii.* , Quant a la peur , la VoiX en allolt a*al iéi champs, que la perstfhhe dit duc ésloît eb dangler à Hesdin, parconspil-atîon ctfiiverte, et que pouilant lui , aucteOr du cfls , s'en eStoit parti liastiveihenl. Dont , de Ce \tti fuit ou ntm , je l'ignore ; mes vi-ai est que la voîx couroii telle. Et au rejjard de la peur, bo ta j duc l'avoit conceue ou non , je in' en tais ; ffildl ne vis^oncques saffl'"'*' ' '" 'W/ q pour on y peusl ft trois heures apr^'
544 GEORGE CHASTELLAIN
^rréement, sans armures et basions , accompagnié de nobles de son bostel sans plus, aveucques ungpeu d'arclders en petitjnombre; et s'en alloit devisant et esbattant comme se de riens ne lui fust ; et sans aste et sans force entra tard^à Sainct-Pol , selon sa vielle coutume , qui n'estoit point signe de peur. Et au regard de despit, qui droit là se voudroit itHider , je ne dis pas qu'il n'y peust avoir apparence d'avoir avancié ce partement si fait', quand il y avoit matière entre le roy et ly, de quoy il pooit prendre argu; c'estoit qu'oncques nulle rien ne lui voloit accorder à sa prière, comme petite feust ne comme grande; et derrainement, sur le fait de ce mariage , dont le refus fut jà deux fois, lui cuisoit , aveucques ce que autres matières avoit assez pour y fonder annui. Et quant est aux causes raisonnables et légitimes , èsquelles je jn'arreste, je cuideroie que ce fuissent les plus sqpparentes et les plus vraies de toutes , et qui plus ont de fondement. Le duc^regardoit en la venue du roy, deux choses; l'une si estoit excusation , pour laquelle il vendroit devers ly la faire de bouce ; Tautre si estoit requeste, à laquelle il seroit contraint de respondre. Quant à l'excusation touchant le fait du bastard pris , n'est de merveilles s'il la fuyoit, quand par y rcspondre, tant peu feust, il seroit constraint d'affermer ou nier l'excusation faite, et poroit cstrc entré, ce sembloit , en argu aveucques le roy à ceste cause , pour pis avenir ; et d'avoir pris son excusation à bonne, poroit avoir torfait à son fils, à qui appartenoit la querelle. Et par ainsi, en son veuUant prendre icelle excusation pour qui que ce feust, c'estoit matère d'estrif ; et de la prendre légièrement à vraie et bonne , ce seroit fait de mol homme en si grand cas. Quant aux requestes que le roy lui pooit faire, il les précogita en son cuer à part ly ; il sçavoit et cognoissoit que le roy ne lui en passoit nulles; et ce qu'il lui en passoit, si estoit-ce feinte et pour venir à plus grand ; et au regard des requestes que faire lui poroit ou voudroit, il en regarda lo.s qualités et condicions. Et peult estrc , ainsi le .crOT. qa'il n'estoit pointcn pourpos de les lui
Tur ^ "'^«ent de pois et d ^ grand
I >ien que ce ne feusv
pour avoir le bastard dehors , par Tintercession d* autrui , et dont il appetoit bien à sçar voir Je secret plus avant. Et par ainsi, par lui accorder sa requeste , ce lui feust tourné contre cuer ; et par la refuser à plat, c'estoit matère de rancune, et dé quoi hongis et rumeur pourroient sourdre, qui bons sont à fuir à sage homme. Yéez ci doncques les causes raisonnables, à mon avis, qui parer doivent le partement de ce duc si à subit , quand il n'est point de doute du contraire que le roy n'y fust venu à ceste cause ; et n'est pas sans cause aussi que j'en fais mes argumens d'ung costé et d'autre , pour en esclaircir le fons , quand le partement ainsi fait portera effect cy après , là où il sera bon d'en sçavoir la nature.