CHAPITRE XLVIII
Comment ceux de la justice de Hesdin vinrent incontinent après- le duc , pour sçaToir qa'ils auroient h faire.
Gomme doncques en l'apprestance de ce partement si soudain tout le monde murmurast par la ville , et que les officiers et les gens de justice entendoient la voix qui couroit, et qui porta dangier , se mirent ensemble trèstous ; et venus devers le duc par moyen pour parler à ly, lui demandèrent, seloncq les novelles qui coroient, quel chose lui plairoit qu'ils feissent, ou mettre garde as portes et as murs , ou les tenir closes , et comment qu'il voloit qu'ils se maintenissent. Là avoit Lyonel de Hongnies , bailly de Hesdin , le maire de la ville, et tous les autres officiers; et leur respondit le duc ainsi : « Faites de la ville et de la garde comme vous avez accoustumé. Je ne pense point estre en guerre ne en doute de nuUui. Se monseigneur le roy veult venir ici, ou aucuns de ses gens, recevez-le, et riionorcz , et servez tout autre-tel comme se j'y cstoic ; et soit fort , soit foible , n'en faites point de refus. »> Tout autre-tel en dit aussi au capitaine du chastcau, Jean de Beauval ; et no voloit pas qu'on monslrast aucune diffidcnoc en sa pei'sonnc , ne en nul de ses gens, se ce n'estoit que la souppechon y fust si évidente quà tout le monde , apparust vraie.
|i465] CHRONTQrE DES DCCS DE BOURGOGNE.-m* PART, Sfâ
^^)ont, lout ainsi comniR il cnordonn;! en fut l 'flaii. Et (loniora la ducesse de Bourlx», iipiés l 'le duc son frère, à llcsdin, depuis le dimencc l 'Jusques au merquedi nu disner, pour sar- J'Atiendre le duc de Bourbon son fiU; IgijhcI l^'y^i'i'P'^"'^ carn'esioil pointencore heure.
"r est vrai qu'ensi que le duc alloit par les
'champs , vers Saincl-Pol , ung bastard de la
Tieuloie, page du duc, et légier en parler,
s'avança d'aller devant, ;'i Lille et là entour ;
et en passant chemin , parla assez à légier de
ce parlement, et par où il pussoit, semant,
comme on lui impuloit: que le duc eaioii parti
à hasle et à peur, et que, s'il ne se fusi hasté
si fort , il estoit en dunijier de son corps. Si
donna-on grasce à ce baslard que , de ses pa-
rolles ainsi semées , tout le pays en devint
plein ; el s'y arresta tout homme ; et mesmes
lui venu à Lille), en dit autre-ielpar la ville;
et tant que le commun d'icellc se mist en I 'armes et en disposition pour aller au-devant tr'âe leur prince, et pour le rescourre et defr ^ndre. Et ainsi l'eussent fait, ne fust qu'on
apprist du contraire lantost , de bouce plus
arreslëe , et qu'on sa personne n'avoit point
de dangier. Si en vindrent les novelles aussi
au duc , qui . de malvaise follie et de grant
lé|>icrtè en accusoit son page menteur , ei
l'en juj^eoic dl{>ne de punition , combien que
ce lui mouvoit d'amour el de jalousie envei-s
son maistre; cl comme soy fondant en lé-
giers languuges , comme il iivoit la condicion
de mesmes,