CHAPITRE XLIX
Comment ta ECigneurie, lunldeCraytnienulIres, 6reni niate chiére A Saincl-Pol le soir, cnrje duc nioiis- . Iroit m«ulTois aernblani.
- A ce soir, à Sainct-Pol , firent malle chière S seigneur de Croy el son nepvfiu de Quie- ■.Wain, car se percevoienl bien que le duc ■ woil aulcun murmuremcni en cuer que point l'Be desgorgeoit; et se douloienl que ce ne [vfeust cnconlre euluci encontre leur secte; Lear le semblant de ly envers eulx le porioit ainsi, et avoît fuit louie la muiinée , qui 9 les vis à ce matin tous trois eosem-
Lie , l'oncle et les deux nepvcus, le seigneur de Lannoy et ceiy de Quicvrain , les plus esbahis qu'oncques je congneusse ; car ne sçavoient ce parlement tourner à nul entendement, si non contre eulx , et qu'en eulx avoit maière de souppeclion et de malice, de quof mesmes s'uccusoient en leur conscience ; et pourtant, comme mal vais etdesléaux, sous simulacion de bonnes gens et preudommes , feignoient esire courrouciés de ce parlement', de peur de l'inconvénient qui enporoitlonier sur leur maistre ; mes le courroux principal se fondoiien eux mêmes, pour ce que, parce parlement, ils estoient frustrés de leur iniencion , et en rompture de leur prétendre , comme cy-après se trouvera temprement , là où leur malvaiseté sera descouverte , et manifeste leur faulse malvaise trayson , non oncqucs oye telle. Si apperra à prîemes ici le droit et le ton du duc encontre son fils , sur maintes doléances et plaintes que ledict son Ris lui a faites du seigneur de Croy et des-siens , et snr la jornée d'Anvers el de Brujjes , là où le duc , à intencion de bien Faire, toujours contraria au dict son fîls ; porta et excusa ceiy de Croy ; le prononcia preudomme et léal chevalier, procureur, et au{;nicnteur de sa gloire ; et non voullant croire qu'en ly peust avoir faute ni luicheié, maintenoit son propre Kls estre inventeur contre ly, ce disoit, par haine et par envie. Si convient bien noter ici , quand le duc les maintenoit csire si bons el léaulx que de les L-ruire devant son fils véritables et nets , que lant pins, à l'eure quand leur malvaiselé sera prouvée el attainte et non plus longuement tollérable sans finale perdicîon , seront plus confutables aussy et plus reprouvablcs de Dieu et de leur maistre , qui si longuement en a esté abusé en bonne fiance , combien qu'encore une espasre cy-après il en sera abusé et endormi comme devant , nonobstant multitude de malvaislés à luy démonsirées , et lesquelles il percevoit bien; mes ne les voloit croire en racine , parce que les aullres l'endormoient tnusjours en parolles , et lui tournoient le cuer là où ils voloieni.
plus à plein se devisera cy apr^s ; comment et par quelle manière i\scr
GEORGE GHâSTELLâIN.