‹ Œuvres historiques inéditesChapitre 335 sur 494 · CHAPITRE LXIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE LXIV

Dq hanU estât de ce Croy et que de ly n'a^oit point de pareil en France tant accollé de fortone.

Se je voloie ou sçavoie dire rauctorité , le degré et le hault estât de ce Groy , et des siens en dépendant de ly , ce seroit à peine chose créable de Voir conter et d'en faire histoire. Et n'a point esté veu en ce royaulme honmie pareil à ly ne si accollé, depuis deux cens ans , qu'on le sçaiche , ne qu'il se treuve eo livre. G'estoit en samblant, non ung vassal , non ung serviteur , ne ung snbject en la maison de sop maistre , mes ong prince mrismes et ung seigneur à qui tons genoulx ploioieDt par révérence , et toutes faces sa par-offiroieot à service. N'avoit différence nulle de ly aux princes ses nepveux , si non que Pestât de ly et le service de sa table, sa sieute et sa queue estoient trop plus grane que la leur. N'y avoit homme en la terre plus bonnoré en court , mieu\ servi ne si à souhait, plus exalté , ne plus mieux créa. £t aveucques ce qu'il estoit plein de biens de ce monde et allié an sang de Lorraine et de Harcourc , plein de haultes et de grandes possessions, *si ne vivoit-il homme qui oncques fist de son maistre ne tellement ne si à chois comme ly ; car riens ne luy estoit impossible , ne dur» ne difficile envers ly , là où il voloit s'entre^

GEOUGE CHASTELLAIN.

meiire. Parquoi, rout considéré, et sa première venue CD court , et sa première che- Tance de patrimoine , et la haulte monlanée depuis où il se trouva soubs l'ombre de son maislre, devoît bien amodier, ce me samble, sou corrage , meure raison devant ses yeulx, soi tenir en rèfflc et en mesure , et avoir peur de maints grands et orribles exemples de devant ly et de son temps mcsmes; et soy monstrant content de sa fortune , qui encore estoil excessive , non quérir aultre pari plus de biens pour porter {jrieF à son trop plus grand , contraire de son honneur.

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