‹ Œuvres historiques inéditesChapitre 336 sur 494 · CHAPITRE LXV · texte numérisé non relu

CHAPITRE LXV

Comment le comte de Climulois scelln aveuciiuM le duc (le heny vl uuluî de Brelagnc.

Je parfondis volentîers et emplie bcancop Geste matère touchant l'omme de «jui elle traite, pourtant plus donner cause aux lisans d'entendre soi;îneusemen[ à la nature du cas, quel il est en sa racine , et qu'on ne puist ■ penser cy-après que les grandes et merveilleuses besoi^ncs qui en sont nées et yssues enfin soient saillies et produites d'ung homme de petite réputation, mes de tello Torlune et félicité , s'il Teusi bien gardée , que tout le royaulme de France depuis s'en est trouvé en trouble; le roy, mis en indignation de tout sou sang , et en dangier de sa coronne ; et tous les princes eu clameur et en criée contre ly ; et dont ce Croy cy a conlpe. Car par ly , et parce qu'il l'avoit attrait ù ly à certaines fins, comme j'ai dit, assez et beaucop de personnages avoient esté faits, non tionnorablcs à l'ung ne à aultre , mes eu grand grief et plaie de la maison dont il estoit faict , et ù quoy le comte de Cliarolois, en lieu de son père, jà viel et ix déclin , estoit tenu de pourvoir etd'y mettre remède. Icellui, celles, sentant et voyant tous les princes du royaulme eulx doloir du roy, et que tous eulx s'altendoienl à lui seulctnent qu'il se pluignisist aussi comme eux , comme qui avoit la sou- ' veraine cause de tous, cl plus pooir de s'en veugiei-, enfin le reriuérurent de leur aide cl de leur bcnde. Et ly sentant leur liltre eslic

de pilé , et le sien non moins , et la provision y eslre nécessaire , et lionneste le poursievir, se joignirent aveucques le duc de Berry ; et celyde Bretagne scella aveuc eulx, et entra en compact aveucques tous , qui avoit la cause plus griève et plus cuisant , par le moyen de Croy, et le plus grand pooir et intérestpouren avoir réparation. Eulx tous, en sa force et en la puissance qu'il meltroii sus pour eulx et pour ly, s'atlendoienl Rablement ei s'arrestoient. Laquelle chose jamês n'eussent conclute entre eulx , ne osé emprendre, se n'enst esté ù l'asseurance de ly et de son pooir; et de quoi ils faisoient chief. Mes comme le comte en scavoit bien prendre l'honneur devers ly , en fait de recongnoistre son cas et son estât , et que voloil avoir ce lillre de soi absoudre encontre le roy, requis du duc de Berry et de tous les princes instamment , par maintes lettres de brièvcs do ■ léances , en faveur d'icellui de Berry et de tons ses anltres parens , pour bien faire et pour remédier aux plaies et romplures en la chose publicque, aux opérations voluntaïres du roy, en quoi tout alloit mal , il mit sus et disposa de son armée; et qui estoit le plus hay et le plus mal volu du roy sur tous les autres , au due de Berry et ù tous eoU, ly seul, en sa vertu et en sa rcdoubtance, fiil'appointcment, et le procura pour eux trestous enfin , et emporta la gloire et la victoire j mes non pas sans dangier le plus esmerveillable doit il soit escrit. Et de tout ceci , tant de l'ung cosié comme de l'aullre, et tout du mortel dangier du roy en quoi il en estoil , comme de cely du comte, cely de Croy et les siens avoient esté cause et fondement, et movenrs principaux de tout ce qui est ensieuvi onCques.

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