‹ Œuvres historiques inéditesChapitre 337 sur 494 · CHAPITRE LXYI · texte numérisé non relu

CHAPITRE LXYI

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Comnieni nn seigneur de Croy fut monstréc voie les mèdinlGurs pour parvenir 6 la grâce <lu comte it Charolois.

Mes , pour ce que j'ai dit dessus , que le comte de Charolois , parle conseil des preud'ommes d'eniour de ly, et souveiainemeoi de Guillaume ilc Biscbc , soull'roit célémeni à

trouver et quérir moyens entre cely de Croy et ly , aflSn qu'il se recongneust et se remeist en devoir devers ly, comme ung bon et léal chevalier, loist doncques à déclairer ici les points et articles sur quoy se pooit fonder Taccord des deux parties, et par lesquels Tung eust embelly sa cause grandément et rasseuré son estât, et Taultre par-attaint à la paix de son cuer et à déport de son ire. Si fault sçavoir que, jà par longtemps devant , le seigneur de Groy , après divers assais de recouvrer la grâce du comte, par samblant , et à quoy oncques n'avoit peu aveindre , ce disoît , venu maintenant à Textreme de son ire contre ly , et certain que rindignation y estoit toutte fermée , maintenoit quasi impossible de pooir retourner james en son affection ; et comme de jour en jour, et an après aultre, tousjours le comte prenoit des causes et des malères plus et plus aigres contre ly , et par quoy son cuer s'esloignoit tant plus de clémence et de mercy , ne pooit croire ne soy confier que jamès il rentrast en grâce maintenant , qui oncques , du temps que les causes n'y estoient point si grandes ne si embrouillées, n'yavoitpu paratteindre ; et pourtant , comme ceste manière de désespoir estoit entrée en ly , et lui avoit adhers son sens par deffiance de sa mercy, * de de chà estoit allé prendre fortification devers le roy, pour rasseurement de sa fortune. Or advint qu'en entrant en termes aveucques ly , puis ung, puis aultre, les commit à ce monseigneur de (1) ^ ... . monseigneur (2) et tel et tel. Et

quand ce vint à touchier au vif du cas, pour en venir à bon effect , toutes causes de devant passées, et parquoyle comte avoit esté meu sur ly, furent mises au dos , nulles relevées ne touchiées, fors que seulement une pour entrée de bien : c'estoit qu'il estoit vray apparant , ce disoient les médiateurs , que s'il voloit lessier le service du roy, abbandonner ofiices et estais emprès ly, la pension de lyet de ses enfans , non y quérir ne auctorité ne crédence , et pour Tonneur du comte de Charolois et en sa contemplation renoucier à tout,

(4) Lacune dans le manuscrit.

(2) Jdem.

c'estoit la voie , ce leur sembloit , et la droitte vraie entrée par où il parvenroit à sa grâce, et à laquelle il ne poroit faillir s'il se voloit souffrir conduire.

Groy prestant ascout à ces mots et pesant fort ceste ouverture , respondist et dist : c< £t quand , en faveur et contemplation de monseigneur de Gharollois, et vous, messeigneurs, aroie renoncié au roy et à son service, abbandonné tous les biens et estats que j'ay de ly, et maintenant mon maistre le duc qui est viel et quassé , demain ou tost après , iroit de vie à trespas , à qui seroie-je lors , ne que me donroit-on? qui seroit mon maistre ne moa bienfaiteur ? ne serois-je entre deux selles cul à terre ? et qui suis manassié maintenant et mal volu, atout deux maistres que j'ai puissans et grans, ne seroie-je mis en la pile au verjus lors, quand je n'aroie maistre ne service. Pour Dieu , messeigneurs, il me semble que le cas, tel que me requerrez , est bien de peser à moy , et non de légière acceptacion pour promettre de le faire. Quant à moy , je ne pense pas demorer sans maistre , quand Dieu fera son plesir du mien en présent. Et si sçay bien ce que j'ai maintenant , mes je ne sçay quel chose je irouveroie quand ce venroit à lors. »

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