‹ Œuvres historiques inéditesChapitre 341 sur 494 · CHAPITRE LXXI · texte numérisé non relu

CHAPITRE LXXI

Comment le seigneur de Croy se trouva frustré He son

proposenient.

D'ici en avant Groy se desvoya de plus en plus ; et cuidoit bien faire ung hault édifice sur ung fond qui lui mentit enfin ; car on s'estoit bien aultrement pourvu de ly et encontre ses emprises qu'il ne pensoit ne que jamès il n'eust cuiflié. Toutte son attente si estoit sur le roy et sur les places et pays qu'il avoit entre- mains , desquelles il s'aideroit, ce lui sambloit, aux lances baissier. Et encore avoit-il son attente, ce disoit, quand monseigneur de Charolois tendroit à le desfaire, qu'en la querelie des Liégeois qui cstoient ses ennemis il se sauvcroit de sa

puissance. Et prenoit et mettoit pié et fondement en si faites vanités et présumptions que fortune ascoute de legier , et en fait souvent baisier le babouin au compagnon qui se présume en sa folie. Ce nonobstant toutefois, si avoit-il grand pooir de faire du mal beaucop en la vue du monde alors , tant par la puis^ sance du roy, qui héoit le comte, comme par Allemans et Liégeois qui dansoient tous au pied du roy. Mes son prétendre et sa fortune n'estoient pas d'ung accord ensemble ; car son proposement se trouva frustré par aultre disposition secrète , comme se dira cy après.

Page 1