CHAPITRE LXXV
,'Or poroient demander aulcuns , et à grand cause , et former argument de grand substance , et dire ainsi :
" George, vous nous dictes et escrivez chose merveilleuse icy , touchant ceste malère de ceulx de Croy et du comte ; et desirez, bien fait à croire , à y aller le vtai plein chemin sans vous fléchir chà ne là àj vos- Ire charge. Or est ainsi , par vostre escripl meimcs en divers lieux , que le comte de Charolois , par diverses fois ici devant , a fait ses doléances et plaintes au duc son père de cestes gens , et leur a pendu au col et en leur présence de grandes et orrlbles charges, oyanl son père el grand nombre des chevaliers du Toison. Prcmièrment l'an quatorze cens soixante-cinq , en unevesperce, et là où ccly de Croy, son frère et ses oepveux, les seigneurs de Sempy et de Lannoy, grandemeni perplex et confus, s'excusèrent et parlèrent au plus beau qu'ils poreni , genouil en terre ; el de quoi le duc aianl de toujours maintenu cestes nobles gens a prend' huannes ei ix vaillans chevaliers, prist aigreur encontre son fils assez agite , et sambloit quasi plus voluir porter ea ce cas les serviteurs quf le duc son fils , lequel touttt;s-rois ofTroil preuve en tout , et par bataille , cl par souflisant tesmoignage ;
cl nonobstant ce, si n'en pooil-il eslre oy ne receu comme voir disant; mes s'en engendra murmure et discorde entre le père et le fils , et eslongeance du fils de son père , en regret de sa cause, Moyen toulles-fois y fut trouvé depuis, par longuesse de temps ; et vint le fils vers son père à Sainci-Omer à la fesle de l'ordre du Toison, li^ oîi il est vraisemblable que le duc receut son fils devers ly . soubs telle manière et moien que aulcuuecradence il adjoutoit à ses plaintes jà de long temps faites; et lut donna aucun rappaîseniem sur lequel ïl se tenoît eifondoit;et s'en lenoitau dit de son père . comme qui pooit remédier et pourveoir à tout. Touttes-fois, nonobstant ceste rejonction faite par la manière dessusdite , et que le père ne pooit reculer qu'il ne respondit aulcuns bons mots à son fils sur la nature de ses doteurs , et qu'en cola le fils raeist son espoir et son fondement comme pour vaincre, tous-jours touttes-fois le seigneur de Croy et les siens perdemorèrent en leur esial, persévérèrent en credence et en auclorilé aveucques le père ; et oncques , pour dolêance faite contre eux , ne pour desmerite ne offense qu'en eulx pooit avoit encontre du fils , ils n'abbandonnèrent d'ung pié ; et ce qu'il y eut oncques de prlvaulé du père à eulx, sans diminuer ni accroîstre,