‹ Œuvres historiques inéditesChapitre 350 sur 494 · CHAPITRE LXXIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE LXXIX

S'ensienlt U solatlon de la qnestioo dessus proposée.

Une seule touteg-fois reaponae souffit pour tous les poînis argués et pour tous le&^tenps et les divers lieux là où se sont faites les plaintes. Si faut entendre que le duc avoit deux ou trois souveraines causes en ly , par lesquelles , touchant les plaintes faites à Tenr contre de Croy, assez dur et bien envis , il ajoutoit foi à son fils touchant ceste matère : la première , si estoit que tout et entièrement il le sçavoit affecté à sa mère , laquelle avoit mal en grasce cely de Croy et les siens, et de long-temps; dont maintenant n'est besoing d'en escrire les causes qui ailleurs sont dites. Secondement, il maintenoit

• comme vrai que son fils les hëoit de longtemps, aussi pour cause de rauctorité qu% ayoient autour de ly , et souverainement depuis Testrif du plat à Brussellès, entre les seigneurs de Quievrain et de Hemeries , et de quoi oncques depuis ne pooit amer ni bien voloir nul de eux. Tiercement , il sçavoit et véoit que le seigneur de Hemeries et plusieurs Mires estoient à Fentour de son fils , qui point n'amoient aussi ledict de Croy; et arguoit et créoit par ce , que icçulx pooient informer son fils senestrement , et plus par volonté que par raison: Et considérant aveucques ce la jeunesse de son fils, et le boulon du sang,

" qui en ly estoit grand et chaut , maintenoit plus ses, doléances et plaintes estre opinions ahurtées que conclusions véritables. Et par ainsi, comme père expert et appris, et venu

' à grand éage soubs auctorité paternelle et légitime cause , venllant avoir sa main sur son fils en faire et en taire , différa longuement et tint en suspense cestes plaintes , et les maintint à frivbles, non doublant que jamès en peust sortir riens d^effect ni de fin malvaise. ^ Gomme doncques ces argumens et vrais tiltres se nonrissoient en rentendement du duc , et que le duc y mettoit , et de tout temps y avoit mis sus fondement certain , n*est de merveilles si ly , jà tout vieillard, prince grave et le plus bng naturellement en tous ses fidts

dont il soit mémoire , n*»it volu changer ne muer son vieil ancien ploy , pris d'enfance , et le tourner et muer en empirance dé ses meilleurs , k Tappétit d*une chaude teste de son fils, là où ire quéroit vengence.

Certes, comme juste que la cause du fils pooit estre , considérées les anciennes meurs du viellard et les ghindes constances de ly en tout cas ailleurs monstrées , si se féust-il foit blâme à ly , et honte , d'avoir usé de légierté en ceste matère obscure et dont il avoit mesmes les occasions en ly pour y oontredire. Or est vrai que , tout en ce point et en pareil comme le duc avoit cestes imaginacions en ly , et par lesquelles il sambleroit voloir parer le seigneur de Croy , et mettre le tort devers son fils, le duc, par la longue norritnre de quarante ans qu'il avoit tenu le seigneur de^Croy en Testât Ide premier chambellan , comme ung chevalier prend'omme et léal, tant s'estoit fondé et arresté à ly, et tant Ta* voit pris en grasce et en dilection familière , que impossible lui \ estoit de croire aulcuns roalvais rapports fais contre ly , et souverainement qui touchassent à. Thonneur ou à sa preud'ommie ; car oncques, ce disoit , ne s*efttoit pcrceu que de léauté en ly ne en son frère , et ne pooit imaginer que aultre chose jamès y peust estre trouvée. Mesmes, et qui plus estoit., il en horandoit et es levoit le grand service à Ini fait par eulx , et comme par leurs grands sens et valeur sa propre gloire et haulte fortune en temps passé eussent esté ëspannies et flories, laquelle 'chose estoit le parfait contraire de ce que le fila voloit mettre avant.

Et par ainsi , le père jugeant et attendant seloncq ce dont il avoit cengnoissance de quarante ans passés, sans y sçavoir ne avoir vou faute, à envis et à dur abbandonna la créance qu'il avoit assise en tels gens , si longuement esprouvés , pour prester oreilles à condiclon de court, murmurant par coustume sur les haulx assis en siège. Si faut entendre que tant s'estoit ahurté le duc en Tamour et fiableté de cestes gens par la longuesse du temps qa*il les avoit norrys, que quelconque plainte qu'il s'en peust faire , ne produire, ne estre proposée, et feust à monstrer au doy, si ne pooit-il maintenir faulte en eux , m oroira

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