‹ Œuvres historiques inéditesChapitre 359 sur 494 · CHAPITRE LXXXVH · texte numérisé non relu

CHAPITRE LXXXVH

Coiumcnt l'auclcur décilTre Rucunemeiil la généalogie de ce duc mon.

De ce duc Philippe , pour en faire clère narracioD , il loist ung peu touchier de sa généalogie et de sa production de père et de mère, et de quel sang. Si est vrai que le père de lyestoil le duc Jehan de Bourgoigne, cely qui fui pris en Hongrie en bataille contre le Turcq. Et là où le jour qu'il fut pris , lui TtndrenI les nouvelles de cestui son Ris, qui fut né à Rouvre , lez Dijon, en une maison de plaisance et fut engendré en N.... (i). fille au duc Aubert, en Bavière, comte de Ilaynau , d'Holland et de Zelland et de Frise , tille de l' empereur K....('2). Et en laquelle depuis, ce duc .lehao ici , au relour de sa prison, engendra quatre filles , seurs h cestui duc Pliilippe, dont la première il maria au duc d'Orléans, ducde Guyenne, aisné fils au roy Charles sixiesme, qui n'eusl point de hoirs , car il morut assez jcusne et duc de Uuyenne. La seconde fut mariée et alliée à Loys d'Anjou, roy de Cécile , lequel pour ses divisions et haines

0) MniTÇutrilp <li: Bniicic.

(2) LouU de flaïiért.

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qui se levoicnt alors, la répudia elia renvoya, qui d'aiinuy et de dcspit on morut , i Gand, Cl là fut enieiTée. La tierce fut mariée au duc de Clèves, qui se fist faire duc depuis par IVmpereur Sigismond ; et la quatlciiesme fuc au duc Charles, duc de Bourbon el d'Auvergne; desquelles seurs, Its deux derraines, ïindrenl plusieurs eufans, fils et filles, et dont la postérité est encore en esLre et eu ri'gle.

De celle de Clèves viudrent deux fils ci deux filles, l'ung nommé Jehan, duc de Clèves depuis, el ung nommé Adolphe, seigneur de Bavestain , et dont de tous les deux est demoré généracion aussi. L'aisnéedes filles fut mariée au duc de Guéries, et dont il issil génération aussy, ung fils et une fille, laquelle fut mariée au roy d'Escocc, et en yssit fruit. La seconde fille fut mariée au prince de Navarre, qui trespassa sans hoir ; et la tierce au duc d'Urléans, qui en tira fruit aussy, ung fils tant seulement.

De celle qui fut mariée au duc de Bourhon (1) vint grande progénic , six fils et cinq filles. La première (?) fut mariée au duc de Calabre, iils du roy de Cécile. Si engenra en ly ung fils tant seulement. La seconde (3) fui mariée uu comte de Charolois, sou cousin germain, lilsau duc Philippe, dont il issît une seule fille. La tierce (4) fut mariée au duc de Guéries, qui morut sans généracion ; el la r|uarte(S) fut mariée auseigneurd'Arguel, fils au prince d'Orenges, nepveu au duc de Bretaignc ; cl la cinquième , à l'eure de ce chappiire osait , n'estoil encorre mariée (6).

Le duc Jehan de Clèves, fils h la soeur seconde de ce duc Philippe, s'allia par marïaj^c à la fille de Jefciu de Bourgoigne , comte de Kevers, de Kelliel etd'Ii^tampes, seule Iiéri-

(1) Agncï, mariée aiec Charles I", duc de BoiirlMiii, en 1425.

(2) Mnrie époasa en M37 Jean d'Anjou , duc de Cn-

<3) Isabelle, quidcfinllasecaiide reniruedii coule de Charolou , le 3D octoltre ldS4.

(4) Callierine, mariée le 18uclobrel463 , Ji Adolptic d'Egmonl, duc de Ciicldres.

I S) Jeanne épousa Jcau de Clialoiis , premier du Doiu,' depuis iirince d'Orange,

IG) Margnehle, cinquième lillede Cliarlc«, <liic lie Bourbon, épousa, le 6 janvier 1172, 'riiili|)|ie H, «lue lie Savoie. On Yoit donc que ccUe, clirucii^uc n i-tè iciilc avant l'amiée 1473.

lière, et dont il yssît grande gënéracion aussy ; et le second fils, cely qui se nommoit Adolf, s'allia par mariage à la fille du duc de Goymbreen Portugal, qui roorut josne dame et laissa UDg fils nommé Philippe.

Ainsi doncques , vous avez la généalogie de toutes les seurs de ce duc Philippe , et de tout ce qui en est issu jusques aujourd'hui. Reste maintenant donc à sa personne et àTalliance qu'il a prise par mariage en son temps, et de ce qui en est yssu et né.

En ses jeusnes ans et du vivant de son père, se maria à la seconde fille du roy Charles sixiesme, et fut aveucques elle en bonne amour et union, jusques Téage de vingt-deux ou vingt trois ans. Michièle avoit nom ; mes morut assez tôt après la mort du duc Jehan son beau-père , d'annuy et de doeil qu'elle avoit du cas de son frère le dauphin (1), avoit esté à la mort dudit duc son beau-père, et ne laissa point de généracion , dont ce fut dommage. La première fille du roy Charles sixiesme de ce nom, et dont ce duc Philippe ci avoit la seur, estoit mariée auducJehandeBretaigne, et de laquelle il engenra trois fils et une fille. Le premier des fils avoit à nom Franchois , et s'allia depuis par le trespas du père de Bretaîgne, germaine à la seur et fille du roy d'Escoce, seur à madame jdauphine , et n'en yssit point de hoir masle, fors une fille tant seulement. Parquoi le ducié succéda au second fils, qui avoit à nom PieiTe, allié et marié à la fille du vicomte de Tours, qui morut aussi sans hoir ne fils ne fille, et par quoy la ducié recula et revint à Voncle des trois frères de Bretaigne, comte de Richemoni , conneslable de France. Et le tiers fils de ce duc de Bretaigne, engenré en la fille de France, fut nommé Giles, beau chevalier adroit ; mes fut mordry piteusement en prison, du sceu et agréement de son frère le duc Franchois ; et dont grandes persécutions advindrent depuis et que n'est besoing présentement à narrer, fors en son lieu ; et ne demora nulle généracion de ceste fille. Et la tierce fille de ce roy Charles

(1) Michellc de France , fille de Charles VI , épousa Philippe-le-Bon eo première nooet au mois de juin i.409 , et mourut à Sainl*BiiToa ngàm M 6i»d . It ft-inU» Ict 1422. Voyez la Chtoni^ tétedece volaine.

fut mariée et accordée, Tespée au poing corageusement au roy d'Angleterre, fils de Henry de Lenclastre , qui envay France et conquist Normandie, etfist des désolations beaucop en ce royaume^ et fit la myne de la noblesse de France à Azincourt ; et laissa cestui roy Henry ung fils tant seulement engenré de la fille du roy Charles, Caiheline ; car ne fut point ledit Henry de longue vie après , et ce qu'il laissa de hoir après ly estoit personnage povre de sens et de petit effect , comme Dieu le veult ainsi, pour la rallegeance de ce noble royaulme', qui tout gisoit succombé en ruine et en subversion du père, par les divisions meismes des princes de France , qui entr'eux fut. Et par ainsi, le roy Henry d'Angleterre et ce duc Philippe, duc de Bourgoigne, et le duc Jehan, duc de Bretaigne, estoient serourges et frères ensamble', à cause des trois seurs, filles du roy Charles , dont chacun avoit la sienne par mariage; et lesquelles trois fesoient une entreprise ensemble , grief et dur à desfaire, si généracion en fut yssu de durée et de règne ; mes nenni , ne de l'ung ne de Faultre. Et les mères et les fruits firent briève terminaison et à petit effect , et à peu de gloire ; espécialemcnt les enfans, dont ce duc Philippe ici n'en eut oncques nul de madame Michièle; mes les deux autres, ce qui vint d'elles print fin à veue d'homme, comme tout fondu, réservé la fille, qui fut seur à trois frères bretons, qui fut mariée au comte de Laval , en Bretagne, et dont il yssit et demora généracion assez ample.

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