‹ Œuvres historiques inéditesChapitre 360 sur 494 · CHAPITRE LXXXYIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE LXXXYIII

Gemment Taucleur fait ici mencion du ducil que ce duc Philippe mena pour la mort de son père le duc Jehan.

Pour venir doncques à commenchement d'hystoire de ce duc qui fut né à Rouvrelez-Dijon , nourry tant et jusqu'à la mort du père, et;qui jà estoit venu jusqu'à vingt-un ans à celé heure, pour première mencion se poult faire de ly, que à l'heure que la mort de son père lui fut annoncée par propre message, il fit le ducil si grand et si excessif, que nulle bouce ne le sçaroit compter qui ne faulsist Matost à le dire assez qu'à trop. Et pas-

GEORGE CHASTELLAIN

soit, en cellemanicre de faire la loi de nuture, toutes jeusDes grans seij^neurs , qui en perdant leui-s pitiés s'esjouisseut, par affection qu'ils ont de venir à seigneurie. El là où ceslui moQsCra tout le contraire ; car soy ruant sur ung lit à l'envers, qui ne lui eust coupé la lachièrc de son pourpoiatù toute haste, il fut esté cstaÏDl et estoufli: en peine et eu marlire , sans dire mot. Et à l'autre lez madame Mîcliièle , sa femme, voyant son mari en ici daugicr , et la cause pourquoi , cbéani en pauinlson aussi entre ses femmes, donna tëles clumeui'S Icans, i!i la main seconde, que l'on ne sçavoit de quoi on devoit faire plus grand dueil, ou de la mort piteuse du père qui estoit cause de tout ceci, ou du dangier en quoy eslojent le lils et sa femme, dont l'apparence aussi n'estoit que de mort. Et pur ainsi^ tout esloil en clameur cl en pleurs, et tout en ung temps ce qui estoit en la maison de ce jeusne prince , et non moins en la ville; dont c'esloituneliorrenrd'enoyr le tumulte et la irisiesse. A chief de pièce tontes-fois ce jeusne prince revint à ly ; et fui de bonne sorte à demi assisté de baronnie, et de saiges seigneurs qui le réconfortèrent.

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