CHAPITRE XC
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Ce duc Philippe ii-y , de subite mort e vieux jours, comme j'ay dil , fui cstûfit ] nuil, coucic en ses fleumes, mal secouru el mal gardé. Si avoil-il toutes-fois les médecins couchans toutes les nuits au plus pics de sa chambre. Mes son aventure esloil lele , et tcle a souffert Dieu à venir ; et à ly seul j'en laisse le jugement puurquot, ne seà ses amis ce doit esire d'espoir ou de peiuv Mes sans moy bouter folleuient en divia secret, d en pcult , ce me samble, dv biea morir el fincr souduiueoicut, stuptis, ei de mal
terminer non moins en fin avisée , et en paroUe à délivre.
I Dont , et se de venu et de bonne haulte renommée en singuliers litres » on peut espérer en Tomme salutaire mort , de meismes à sa vie. Je me ose fier donc en la miséricorde de Pieu y au moins à y fonder mon espoir de son saulvement; car avoit ^vertus et matère en iy sur quoy et pour quoi. Et n'y a qu'une seule chose qui m'en donne peur , ne qui e» combatte mon espérance : c'est la très extrême et très abondante mondaine félicité qu'il a eue et obtenue tout son vivant, en toute acquiescence de fortune et de souhait de cuer , plus qu'oncques homme, Ceslui seul point et article me fait varier souvent , pensant et demandant à moi-meismes se Dieu jamès lui pourroit avoir donné son paradis en ce monde , comme icy ou ailleurs Dieu paie Tomme seloncq ce qu'il le congnoist , etseloncq ce qu'en sa saincte providence il est préveu de sa fin. Mes laissant icellui paiement , ne où que Dieu Tait tourné à ce duc défunt , ou en ce monde ou ailleurs, mes oncq homme, ce crois-je, ne fust plus {jrand en terrien voyage que cestui, ne plus béat en toutes condicions et circonstances. Mes si avoit-il de vertus avcucques ce et de grâces venans de là hault , pour lesquelles on le réputoit digne de bénédictions surabondantes. £t recongnoissoit bien Dieu ; et estoit humain et piteux , et véritable , et débonnaire , et léal comme fin or ; et avoit toute condicion de noble homme, et telle qu'à hault prince duit et siet. Donc , se les vices ont esté de plus grand pois que ses vertus , cela je ignore ; le samblant au moins ne Ta point porté. Mes le dehors de Thomme jusqu a sa fin a donné espoir a tout le monde de sa miséricorde , plus tost que du contraire ; et dont en Dieu je me remets de ce qui lui en pkiist.