CHAPITRE XCII
ComiMUl l'on comniençoil k ordonner pour l'enterrement él runètailles du Une Fbillppe.
Oi' Giiiendoil-on à tous lez à l'enterremeut (le ce noble duc moit et mi service qu'il en coiivenoit faire , ot ù l'avcnanl de son Duin. Si furent faites merveilleuses appreslunces en divei'ses commises mains , et de diverses sumpluosités, là ou riens n'estoît espargnié ne fiiit au mince , ains a double ou à triple plus qu'on n'avoil oncques vcu ailleurs. Quinze cens draps noirs y avoit taillés el décoppés de la pari du duc , pour rcvestîr de dueil les serviteui-s , tant de cely qui gisoîi en bière , comme de cely qui venoit en règne; et n'y avoit escuyer, ne clievalier, ne noble liomme de nom et d'cstat qui ti'eust longue robe et ctiapperon de fin drap , ne depuis le cliancelîer jusques au derrain secrétaire qui n'euslsa longue robe en pareil, et tous les nicims ofliciers, comme gens de bas estai , robes à demiejambe, dont il y en avoit sans nombre; et tant que c'estoit une intinitè de voir gens porter dueil et de veoir robes noires par Bruges , là où tout ce qui se véoil à l'œil , à peine se monslroit porter noir; avecques ce, que la ville de son propre intérest , tant par les meslîers et confrairies, tant par les nalions qui fort s'y monstrèrcnt aussy , ol tant de la paît de ceulx de la loi et des grans de la ville , ladile ville en rcvesiuil ung bien grand nombre pour inonstrcr le dueil du défunt; les ungs pour accompaignier le corps, et les aultres pour porter les torches â l'enterrement , dont lu multitude estoit sans nombre.