‹ Œuvres historiques inéditesChapitre 365 sur 494 · CHAPITRE XCIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XCIII

Comment mu1> de Brades Idiuentoicnt la idaiI du dur rhclip|)C.

Tînt dnncques le jour de son enterrement qui fui par ung dimonce , là où les cérémonies cslotenl grandes : grandes eu coust et en missions: grandes en singulière graiidesse de les monstrer :et grandes en singulières di^vocions et prières qui se faisoîcnl entre loiUes gens privés el esirangos , à larmes et à pleurs ; là

où le duc son fl)s fut cely du monde qui plus se moiistra atteint de dueil à l'eure qu'oo le porta par rue et meismes en l'esglise , Unt que le service duroit. Dont , par larmes, divine piûé se pooit mouvoir du Hls au père ; les pleurs du fils dévoient donner grand espoir aux bienveillans du père de divine audience, là où tous cucrs et lous ycus encore d'hommes et de femmes, cl en allant par rue et en resglise et dehors , fondoienl en larmes , lordoieul mains et baiioienl leurs paulmes', crians comme si le monde finîsl , disaiis : X Ha ! boa Dieu ! bon duc nosirc père , iiosire meilleur et plus doux , le plus familier et le plus humble qui oncques fust , nosire paix cl nosire joie , or avons perdu en vous ce que jamès ne recouvrerons, ne que le inonde jomès ne pora produire , que de nous rendre ung tel , là où il y ail les bontés el les courtoisies cl les humanités , les vertus cl singulières grâces qui cstoient en vous , et dessoiibs qui , en si longue espace et eu tant de diverses importances de temps et de foitune , et de diverses affaires, hommes jamès se poronl chevir et comporter si sainement , si tranquillemenl et si salutairement ; qui toutes diverses guerres en l'environ de nous ei en dedans de nous-meismes ave» ramené eu fislal tranquille ; maînis horribles tourbillons çà et là fait terminer et prendre boune fin par prudence; nourri paix et union en vos peuples; donné siège à justice et à marchandise , el à tranquille repaire voie et cours ; et là* où i l'aventure, comme humain sens en pnnce n'est pas tous-jours en corde de peifeciion pour entendre au publicque bien , vostrc eiir oéaolmoins portoil si grand grâce, vous vivant , et lele impoi'lance, que toutes choses en ressoing de vous se rapportoient à pluy de félîrité et de joyeux succès, sans que voiismeismes, ce sambloîi, y tournassicï vostre entente. Et par ainsy les hommes vous aimnient et di^ifioient quasi par dileclion envers vous tournée, conslraints , nesavoientd'oû no par qui , fors de là sus , dont les puissances et influevrcs supériores le* invitoicnl ça bas de cu\ m rer en vostre aspect qui leur iiiiportoit et rerdnii joie e: félicilé , ce leur samliloil, en la veiie seulement. O noble duc , or eslesvous mon et sommes relainquis lieulx, qui.

vous' sievons orphenins en nouvelle main non apprise , et dont la subjection est et sera de nouvel dangier après si longue apprise nourrechon. »

Teles et si faites estoient les devises et les lamentations parmi Bruges en divers lieux ; et meismes entre les serviteurs de la court , à Teure que ce noble duc icy se portoit en terre , et dont toute la joie qui en avoit esté longement obtenue se reciina et s'ensevelit aveucques 1 y en la larmoyeuse fosse.

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