CHAPITRE CVII
Comment le duc Chnrles se parti de G and , et comment ceux de Malines en ceUe heure se fondèrent faire le samblable.
t ^^"^ '''^"'<^es et subtiles voies doncques le
duc partit de Gand et en emmena sa fille , dont le duc fesoit grand dueil ; et le duc s'en alla à Tenremonde , tout droit envers Malines ; car là voloit-il estre pour approchier Braibant.
Or, oyez mamtenant et entendez la conséquence de ceste mauldite et doloreuse commocion faite en Gand. Prestement que ceux de Brusselles et les aultres villes de Brabant virent conunent Gantois avoient besoingnié aveucques ce duc Charles à son entrée, et obtenu de ly forcéement ce qu'ils ont volu , eux aussi , à l'exemple des Gantois , proposèrent secrètement d'en faire autant , et de non le rechevoir jamès, jusqu'à tant qu'il leur auroit accordé toutes leurs choses à leur gré et à leur vieil usage. Et desjà avoient Brussellois estrif contre ly dès avant la mort de son père ; et de quoi , ly estant encore comte de Charolois , leur avoit respondu en Gand , que par sainct Georges ! une fois si jamès il devenoit duc , il leur feroit bien sentir leur enfant ; et ne feroient pomt de ly comme ils avoient fait du père , qui leur avoit esté trop doulx, et les avoit enrichis et donné Torgueil qu'ils avoient. Si en souvint maintenant à Brussellois , et le craignoient ; et pensans à prévenir par la forme des Gantois et par ly monstrer visage , conclurent toutes les villes du Brabant une conclusion à l'esmeute des Brussellois; et misrent journée de commune convencion à Louvain , chief- ville du pays , semonnans aveucques ce et requérans les estats pour y estre. Or , craignoit durement le duc ces vilains de Brusselles , qu'ils ne infectassent et corrompissent tout le pays , et qu'ils ne proposassent de lui faire dan^^ier de son héritage , soubs Texemple qu'ils avoient prias à Gand , jà-soit-ceque ce n'estoit point une meisme chose Brusselles et Gand, ne de meisme pois , ce savoit-il bien ; mes ao moins ung peu de dangier lui pooit ^bien donner grand inconvénient aussi ; par quoi se haster et soi avanchier lui sambloit nécessaire ; car jà s'estoil avanchié par secret missage le comte de Nevers , d'envoier unes lettres à aucunes privées personnes et villes , par lesquelles il signiHoit avoir droit et vraie action en la ducié de Braibant , et lequel dmit il entendoit à poursievir par toutes voies convenables en contraire du duc de Bourgoigne et
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[W67] CHRONIQUE DES DUCS DE de tout auhre ; si leur prioit d'assistance et de faveur , jà-soit-ce-que aulirefbis et du vivant du duc Philippe , pour ce que le comte de Travers avoit aullrefois mis avant ces termes , il en esioit décidé et conclu par jugement , tl en la chancellerie de Braibant meismes, le ce comte de Nevers n'y a ne droit ne riens. Si en cnstevy que, pour plus grande seureté et pour en ester les débas pour h toujours , le duc Philippe requist aux trois estais du pays qu'en sa pleine vie ils voulsissent jurer à son fils le comte de Charolois, qu'après son trcspas ils le reclicvpoicnt et recognoislroient pour leur seul vrai naturel seigneur et prince, sans aultrc, et forclos tout le monde. Mes nonobstant ce, toutes-fois, et qui avoil été autenticquement et solemnellemenl fait par les trois estais , si y metloit-il
l double maintenant ; et en esloît en dangier
' pour l'exemple des Gantois sur qui les aullres se fondoient; et savoit bien aveucques ce, que le comte de Nevers son cousin aroit jà envoyé ses lettres par de chà, pour lui donner empeisccment; lesquelles toutes-fois bien
F petit il prisa , et en fit peu de pois et des let-
[ 1res Cl de l'Iiomme.