‹ Œuvres historiques inéditesChapitre 378 sur 494 · CHAPITRE CVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE CVIII

Comment le comte de Nevers. jiar l'cnliort de ton vnlet de ciunibre, se parti de la maison de Bout-

goigne.

Ce comte de Nevers, ailleurs et par cidevant avez assez oVi-s'estoit mal porté envers ce due, lui esUmt encore comte de Charolois, et par son mesprendre s'cstoil eslongnié et tout distrait de la maison de Botirgoigne , sa chief maison , et qui l'avoit eslevé et nourri. Et nonobstant que pendant ce temps que le comte de Charolois estoil en France , à Conflans , ce comte de Nevers eust été pris en son chasieau de Péronne ei mené prisonnier en Bélhune longue espace , et que depuis, par appointemenl fait et par grand moiens , le comte de Charolois condescendis! à recevoir à merci ce comte de Nevers , son cousin , et de lui pardonner ses mesfiiits , pour l'bonneur de Dieu et du sang prochain qui esioit en eux , en la ville de Boulongnc sur la mer , el que là lui

BOURGOGNE.— m- PART. 415

promist 'perpétuel ser^nce et^ révérence , comme à son chief ; toutes-fois , par aulcuns serviteurs eslans lez )y , souverainement par ung Boiilillart , ung valet qui s'estoit eslevé , cestui do Nevers se disiray depuis des marces de deçà , el s'alla tenir eu Mvernois , là uù arriére il rencbeut en son vîel ploy de folie et de malvais usage ; et par povre conseil , et que ce Boutillart deboutoit toutes {^ens de bien et les nobles de la comté d'en arrière de ly pour le gouverner seul , recommencha arrière la seconde fois à soi mal porter de rccliief envers son pardonneur, et de soi vanter assez qu'il lui esmovroit guerre avec l'aide du roy el les Liégeois , pour la ducié de Braibant en laquelle ilclamoit droit. Mes attendu au cler son estât et sa fortune d'alors , ses menaces esioieni de nesge el de peu de vertu , et en pooil ensievir peu de fait , ne par ly ne par aullre. Mes lout cecy lui fit iing despil qu'il avoil pris depuis son pardon , par l'enliorl de ce Boulillari ; et esioit qu'en lui pardonnant , le comle de Charolois lui osta les chasiellenies de Roye , de Péronne et de Montdidier que le duc Philippe lui avoit données el li'ansportées en perpétuel don, ensamble la succession du comlc[l). . . . . . en Hollande de la terre de Voorne, après son trespas, montant bien à seize mille clinquars par an, que tout E samble le comie de Charolois lui avoit osié et . applicquié devers ly. Si se trouva cely de ] Nevers tout nud et lout despouillé par de çà , J là où il avoit appris d'avoir gnind bruil et \ grand gloire , et toute la noblesse de Picar- | die à son mand. Et par tant , comme il cognois- ' soit assez son cas, et pourquoi il avoit demandé merci, il s'eslongna du puis et de la | maison de tous polols , el dont depuis il e encheut, et par povre sens et conduite, en | plus grand grief que devant , el en p'Tle de ] son honneur; que pitié fut-, car avoil esté ung J vaillant noble prince du temps du duc Philippe son oncle, et que gens de bien l'avoîent | en mains qui l'adestroienl, comme le seigneur de Bochefort, messireHuesdef.onguevat , messîre Robert do Miraumont el plusieurs autres ; lesquels , par espécial les deux ,

li) LACuncdnaslewnnuscrii.

AU

GEORGE CHASTELLAIN

quand ils furent morts, Rochefort et Longueval , oncques depuis de sens ne usa , ne de bon conseil , mes tira meschans gens emprcs ly , et y mUl sa créance , et lelement qu*ainsl il se gasta et pargasta, et rua son honneur sous pieds ; dont ce fut grand damouige et foit fort à plaindre.

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