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gempfit qu'il avoit assis sur icsdir,lesriti''8, ol ra)>[)nlleroii son ire d'en sus elles, et <Jo leur pnniiisio. En quoi II monsini et dériarn à lostre doclriiie, que tant il esl bon , bénigne et clément, qu'en la prière de dis hommes jastes , Toire et d'un seul , il est prest d'en sauver cent millei tant est large en sa miséricorde !
" 0 Etopieux Dieu ! et que fist-il nprès à ton peuple d'Israël , pour qui il avoit fait tant de mervcitleB en Egypte , ei de tant singuliers miracles pour le traire envers ly , et les menant en b miiîn de Moyse qui les conduisist par les déserts , et leur Hst saillir les fontaines pour boii-e des dures roches , ei les mena par la mer Rouge , tout à secq , et leur envoya la manne du ciel pour riîfcction , et l'abondance de sa grasce pour les resaisrer, et les sauva et garantit de toutes hostiles mains en sa vertu, et mist son compact avccqueseulx, et sa pi'omesse eu perpétuelle observation. Et lADtefois , à tout ceci , et à tant de bénélices et de haulx minières faits pour eutx , encore ils crièrent et tentèrent Dieu , s'esloingnèrcnl de ly et se retirèrent de sa congnoissanc* , fisrent et mirent sus ydoles et veaux fondis , les estevèrent en my le déseil pour sacrifier, et provoquèrent Dieu b ire et indigoacion pour les tous annichiller , ne feust Moyse , son serf, lequel lai rameotevott sa miséricorde ancienne , et lui remonstra la povreté de nature humaine, en laquelle, par hauliesse de sa bouté , et pour ce que c'est sa créature , il conveiioit, ce lui dist , qu'il dispensast el différasi sa vengeance, etnepcrdist pas ce qu'il avoit créé et fait par donner voie à sa fureur : car espoir le peuple s'atncnderoit , ce disoit, et ly s'en mettroit en la peine , par dm'emenl les incréper et reprendre de leur malice. Si se contint le bénin créateur toules-fois en sa miséricorde , à la prière de Moyse son serf , et les espargna ; et non rappellant sa promesse faite à Abraham , chénns et relevans les continua tousjours en sa senipiterne vérité de pèi'e en fils , jusques à son naistre , qui Ferott et donroit la novelle loi trwie parfaite.
> Que fisl-il après, à Ninive , la grand cité, manacée de subversion en son ire, quand par humilité du roy d'icelle et de sa contrition , et par l'édicl qu'il donna à hommes et
h bestesde j'uner par irois jours, elly-meismeï \ se îissisl en my les cendres , criant envei-s Irf ' ciel , il , rernrdani de sa miséricorde cl de sa' bonté , rpmilrguîi son ire . rappella sa sentence ' el son jugement , et considérant la repentancé'.J de son povre peuple , lut remanda rémission et^J miséricorde, à salut et joie.
" Que Ksl-il ii David, lequel , d'ung iroppean' ] Je brebis qu'il gardoit , îlavoit appclléeni et fait enoindre par son prophète , pour régne!" J en Israël? Ke commist-il griève el dure oF*'l fense contre ly , par hommicide et par touue ' J exireme machtnacion inique en Urie son ser-^' \iteup, lui donnant meismes à porter les Ict-' ' très de sa mort pour joyr de sa femme ? fi'&t' pas la malice de ly à nous ung fructueux exemple de miséricorde, quand par ploref et prier et par-avoir cucr contrit, Dieu lui' remist son olfense en sa merci , et fisl depuis sa bonté eslre l'organe de son Sainct-Esperit; et par ly tous les secreli de la parfonde divine saplfuce se répandirent, el plus par-' FondfMnent qa'oncques en nul des prophètes, ' I
■> El après que dirons nous de Salofflon , à ' qui il donna Tabyme de sapience aveocquM' loutle extrémité de richesse: loi donna le' ciel percevoir eicognoistre par enteadement, ' : et l'enfer parfondir par science ; lui donne' fruit cl substance de paroles , plus en sani'' blant angélicqtie que Immaîn , cl dont l'efTect* j tout si estoit que d'amer etensievir saincté^ sapience et de Dieu honorer et cognoistr«.''J Dehors desquels deux poins , tout ce que'' , l'omme peut avoir ne quérir, tout est vanité et nient, et tout est folie et ombre de mort. ' Et néanmoins, ly touttesFois quî ceci sçavoil' et Tenseipioit à fa'rre, ly meîsmes, en ses pleins jours , dënoit en sa doctrine ; et de sa * hanlte parfonde sapience il enclieut en folie ,'' retira son entendement du cler ciel ponr la' ruer en infernal punaisie , pur fol appétit, fl ' cognoissoit non esire que ung seul vrai Diea ' tout puissant, qui tout avoit fait et créé, et ' tout gouvernoit, ciel el terre; etiysciammeni '.j se rendoit idolâtre , et aora et sacrifia aux ' dieux d'Egypte, faulx idoles, à l'appélit d'une ' 1 femme; relainquit Dieu tout de gré pour ' adorer un diable , et lit eschangc de perpétue salut en commutacion de sempiierne mort. Et ' toultctt'ois la divine miséricorde encore lui '4
GEORGE CHASTELLAIN
donna espargne > et cours d'éage et de longue \ie sans le punir , pour Tamour de son père David ; ne lui rosta nulles des ligniesqui toutes douze estoient à ly ; lui laissa possesser son throne en transquillité et en paix jusques en fin; ne oncques ne lui envoya verge, par quoi on se perceust en ly de son ire. Mes ores comment il lui a pieu foire de ly , cela je rignore , et fouit laissier à sa miséricorde et à sa justice ordonner du cas , et là ne fouit nul escrutinement.
M Quelle miséricorde iist-il après au roy Hanassès , foulx homme et pervers qui abandonna le Dieu de ses pères , et vilenna son temple et aora les idoles , et en tous endroits long-temps fut tant pervers et malvais , que de samblable à ly n'estoit mémoire? Dieu toultesfois par miséricorde lui envoya des adversités pour le retirer vers ly et le souffrir confusément entrepris et cbeoir en la main de ses ennemis, là où , par grâce et miséricorde que Dieu lui envoya en prison , se recommencha à recongnoistre , coromencha à plaindre et à plorer sa perverse vie , et à rappeler Dieu de sa part , lequel il avoit laissé et dérélainqui pour les Dieux estranges. Si en chut en dure repentance et en amère contricion de cuer; et lui promist et voa sempiterne service et adoracion de corrage. Et Dieu Toy t , et lui essaulcha ses larmes et prières , et le délivra de prison \ et depuis il vesquit et régna preud*omme, et fit justice et jugement au peuple , loé en sa mort.
» Les miséricordes de Dieu doncques sont infinies , et sont sur toutes ses œuvres et créatures ; et n*est ne ciel ne terre qui n'en rechoive la distilacion , ne pécheur si grand qui n*en emporte et traie porcion et mesure. O très excellent prince doncques, mon très redoublé seigneur , et puisque ainsi est que les chrestiens princes , en leur haulte et digne vocation, doivent ensievir au possible les divines meurs, et à Texemple de sa bonté eulx réguler et atourner en perfection , souverainement en la vertu de clémence, qui est de nécessité au monde et la seule rien de quoi prince se fait plus loer , et dont plus a mesiier d'en savoir user à point , non pas comme ignorant à ceulx qui ne le valent , ne comme in{p*at aussi et pervers à ceulx qui la
méritent ; certes , 6 mon très redoublé seigneur , se Dieu doncques usa ainsi à point sa miséricorde , comme s'il fust homme , et que son exemple est de pardonner et de remettre offense aux plorans et conscrits , il s'ensieuc doncques que ung prince en sa vocation coronne homme, et par exemple qu'il a de Dieu, doit pardonner à homme son prochain ce qu'il a envers ly de ire , ou meismes il se juge et se coDdampne envers cely dont il quiert implorer merci , peut estre en estroit effective.
» O mon très redoubté seigneur , et se le povre peuple gantois vous a offensé , élas ! et suscité i ire, et que par doloreux accident il s'esl boulé en erreur, et en a le feu esté espars par les diverses rues , en vostre érubêscence, élas! monseigneur, toutes-fois vostre peuple ne vous a pas insulté ne assailli , ne riens entrepris , ne riens cogité en vostre noble personne; ne vous a point dérélainqui aussi , ne quis prince estrange , comme ceulx d'Israël, ne eslevé simulacres ne images d'autre roy ne duc , ne dénié les tribus et rentes, ne touchié à vos seigneuries , ne introduit erreur novelle , par quoi ils ne vous recognoissent et veulent recognoistre leur propriétaire , naturel prince et seigneur , en tele équalité comme Dieu , vous homme. Et , mon très redoubté seigneur, doncques et comme il est ainsi que ung seul Dieu et ung seul homme ils aérèrent , et ont observé en eulx celle légalité : qu'envers nul aultre ne veulent transfuir pour garant qu'envers vous à qui ils ont mes-foit , et qu'en verd et qu en sec ils vous adhèrent et sousptrent envers vous, et se fient et confient finablement de grâce et de remission , par eulx prosterner en terre devant vous, coupables, ne peult doncques que vous ne contribuez grâce requise , là ou la coulpe est parfondémeni repentie et plorée.
» Mon très redoubté seigneur , Gand n*est pas comme Sodome et Gomorre , que pour dix justes , qui les y eust peu trouver , Dieu eust espargnées de son jugement horrible. En Gand a par nombre de milliers dévotes et sainctes créatures, espoir et qui ont divines. revélacions maintes par bonté de vie , et divines communications eu solitude ; et entre les villes occidentales n'en a point là où tant de glorieux saincts corps reposent canonisés ^
CUROMQUE DES DUCS DE ROURGOGNE.-llI' PART. 421
>M dont la ville a Ifs suffrages ; et y ost Dieu crému et doublé , honoré saincte Eglise et le clerf^ié i et avec fervent amour au prince , iléauté et preudomie y ont régné d'ancienne salure , quoiqu'entre deux il lui meschiel, tel .'iiDis par accident oblique , dont nulle humanilé a'esL france. Gand esi aujourd'hui la grande <Kinive en figure; la voix de vostre menace a crié eo elle que vous la subverlirez un fureur, et que la maière de son péchié en est la cause. Le peuple d'icelle a oy vostre mand -, .il s'est donné horreur et terreur de vostre menace , et a recogîié son mesprendrc , et pensé â son impuissance de résister à vous. 1) «'est tourné en son humilité et en repentance de son délict ; il a persévéré non trois jours , mes quarante ea clameur, juué de délectacioD et de joie, assis en cendre; et ceu<( de la justice que vous y avez assis en vostre nom , descendus de leur ihrone , vagabonds , vestus de sac, non acoutans à riens jusques à nous avoir pacitié envers eux. Siques comme humain délict est lousjours remissible , procuré et réputé en temps , et que , pour exemplier les hommes à estre miséricors. Dieu baille les exemples toujours de sa miséricorde , pour les introduire -, et ne veull nulluy périr ne perdre , quand il est requis, comme il appert par la grande Ninive susdicie ; Gand doncques, mon très redoublé seigneur, qui a à faire non à ung Dieu ne il ung prince estninge, mais à son naturel original père, prince et seigneur, le plus noble et le plus vertueux de la terre , et lequel eux doivent honorer, amer, craindre et doubler, et avoir vraie ferme espérance et recours en ly , et ly une pité enverseux de non les perdre , ne souffrir périr ; considéré encore que recognoissans leurs fautes et otTrans amendes , ils viegnent à temps et à heure h miséricorde et à merci ; certes , mon très redoublé seigneur, quand ils regardent et considèrent les beaux divins exemples que vous avez en vostre noble mémoire . avecques les siuguliéres grâces et vertus que voos avez en vous propriétaires et à vostre us , ne se peuvent desNerque des veines de vostre excellente bonté ils ne doivent traire miséricorde à l'avenan* '*'> tmen-a noble nature, et laquelle il" leur espérance. Siques ils
rcsupplient très humblement , ît joinctes mains et à genoulx, et nous, les présens députés J pour eux , en leur nom et en leurs personnes, 1 qu'il vous plaise les prendre en merci et eA.m miséricorde , et retirer vostre ire et mal la—" lent d'envers eux; et disons et clamonsl envers vnus : Ihminc , nomocundum pect:a^\ ftoitra qam fecimus sioi , neque aecittidum 1 iniquUates naîtras rclribaas : cita anticipent \ nos mitericordite Iva , et propler gloriam no* -, mini» lui libéra not, «