‹ Œuvres historiques inéditesChapitre 387 sur 494 · II · texte numérisé non relu

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ensievi. Mes il gcet bien , et le vous danae bien à cognoi&tre aussi , puisque voua prenes les exemples à Dieu , Dieu n'est , ne pe fut oncques miséricors , fors que i point et non en vain et frustre \ et avant qu'il ait envoyé sa miséricorde , si a-il expérimenté et essayé les contricions \ et alors comme alors il s'est monstre et se monstre en forme que justice et miséricorde s'entrebaisent et se contenteiit l'une en l'autre. Les gens de Qand sont noa^ vellemept délinquans; et puis n'sgidres, et maintenant, ils font dire à monseigneur qu Us se repentent , et pleurent et souspirent , ce lui rapportez* vous, et prient merci, supplions d'avoir miséricorde et grâce. La doleur qu^ik ont et le rapport qui s'en fait fait bon k oyr; l'œuvre aussi en est bonne en soi , et monseigneur l'a bien agréable , et il veut bien penser dessus. Mes la contricion des délia«quans n'est pas encore expérimentée , ne la persévérance en celuy estât cogneue encore à suffisance. Pa? quoi monseigneur aussi a bien cause encore de tenir en snspeas sa finale btfnne volonté, sans la dtehrer tout oultre.

» Mes , pour conunencement de bien et de bon espoir, et afin que Gantois n'aient occa^ sion de murmurer conti*e son noble couvert corrage , monseigneur les veut bien recoaso- 1er et resjoyr d'une gracieuse déijonnaire at-» tente qu'ils peuvent avoir en ly cy-après , et pendant lequel temps il s'avisera et conclura de ce qui y sera séant de faire en honneur ei salut. Et veut bien que Gantois facent bonne chère et vivent en espérance , et qu'ils s'a*mendent et arrèglent; car, selon ce qu'il les trouvera de conduite et de gouverne en ce qu'ils luy ont fait dire par vous, il besongnera avecques eux en leur requeste. *

A ce mot , les députés tirèrent hors de leur sein les scellés et les placquars que le duc l^ur avoit donnés , lui estant en Gand , contre sou cuer et par dissimulacion pour évader de leur dangier; et lesdits placquars rendirent ; et renonchèrent à tout ce qui estoit escript dedans et scellé, ensemble à leurs bannières et à tout ce qu'ils pooient avoir impétré par malvaise voie indeue; et se rcmistrent en toute celle première servitude en laquelle le duc Pl^ilippe , son père , les avoit mis après

[Ji67] CHRONIQUE DES DUCS DE la bataille de Gavre ; et là voloient demorcr , ce disoîentjusquesau temps de sagrace plus ample ; et le duc print en gré le renoncement et les lettres, disant de propre boute : "Ganiois ont fuit d'une bonne pensée que je leur garduie leur Iriste m;ilheur et leur présent encontre. Je les avoie pris en amour, et les voloic recognoisLre du service qu'ils m'avoient fait; et en esloie tout df'libéré et conclu : mais ils ont cautelé et machiné de tirer de moi à force & par menace ce que j'avoie en propos pour eulx de jua franchise , là où non tant seulement le cuer m'a este esmcu de la maoière du faire , mais ma personne et tous ceulx de ma maison en dangier de nos vies ; et m'ont mis Gantois en ce dangier comme d'avoir esiS en avanlure de perdre tous mes pays par rébellion et à leur cause. Dont, se j'ai le cuer gros et iré envers eulx , n'est nul qui m'en doit bla&mer, ne Dieu ne homme ; car oncques si grand mesfait ne fut commis envers prince , eocorre eu sa novelte réceptioQ. Or chà , ils ont Fuit délict, et vous nous remonslrez leur contricion. La conlricioa leur vaille ce qu'elle peut valoir, mes elle est bien grande et amère s'ellc peut satisfaire et réparer ungsigrand crime. Toutefois k ce que muii chancelier a dit , tenez là Toslre arresl. ■

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