‹ Œuvres historiques inéditesChapitre 417 sur 494 · CHAPITRE CXLIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE CXLIV

<k>iiiiiient le duc Charles tenoit trois fois la iemaine aadience , où il falloit que tous les nobles compsrusseut autour de ly.

Encore en Lrusselles, ce duc Charles se détermina à mettre sus et à maintenir royde justice , tant en plainte et en procès de causes comme en punicion des malvais , dont les pys estoient pleins. Et pour ce faire , commist ung prévost des manssaux, ung périlleux varlet, aussi de petite estoife , mes tout propre pour faire ruyneux esplois. Etpom* le fait des parties qui avoieut leurs causes pendans devant juges , chà et là, sans en traire fin , et pour recevoir toutes plaintes de povres gens en divers cas, il mist sus une audience, laquelle il tint trois fois la semaine , le lundi , le merquedi et le vendredi , après disner, làoii tous les nobles de sa maison estoient aaûs devaift ly eu bancs, chascun selon son ordre, sans y oser faillir, etly en son haut-dots couvert de drap d*or, là où il rechevoit toutes requestes , lesquelles il lit lire devant ly , et puis il en ordonna dessus à son plésir.

Là se tint deux, trois heures, selong la muliiiudc des requestes, souvent loute^fois à

grand tanance des assis; mes souffrir en convenoit ; et en apparence extériore, ce sambloit estre une chose magnifique et de grand ios , comment qull en allast du fruit. Mes en mon temps, n'ay veu et oy que chose telle a esté faicte de prince ne de roy ne aultre , ne de tele apparence. Dont, et quand il alla par ville, de lieu à autre , et d'église en église , c'estoit merveilles de Tordonnance et de la règle qui y estoit , et de la grant compaignie qu'il menoit. N'y avoit si vieil chevalier ne si jeusne qui y eust osé faillir, ne que escuyer se feust osé trouver entre les chevaliers , fors que cbascun en son ordre. Et à malin et à lever, ordonna tout le monde de Tattendre par distinctes chambres. Dont nul n'osoit transgresser, ne passer oultre , cbascun selon la dignité de son estât, les escuyers en une leur chambre première, les chevaliers après'' en une autre chambre seconde, et les grans chambrelans les plus prochains qui entroient en sa chambre : c'estoient les trois gérarcies; et avec tous ceux là , en grand multitude , vuida dehors pour aller à la messe. Dont, sitost que Toffrande estoit faicte , toutes ces nobles gens pooient aller disner; et trouvoient tout prest , chacun en son estât , pour retourner tout à temps devers ly ains qu'il feust levé de table : car ainsi le faiUoit faire , ou perdre ses gages d'ung jour.

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