CHAPITRE CL. ^Ê
De la question et AihM qui pendait entre le ra; LofV et son fi^re , sreucques ses «lliés, pout la duciè de Nomiandi«.
Or duroient encore les trêves entre France et Angleterre , et pareillement entre le roy Loys, roy de France, eisonfi-ère, qui se nomma duc de Normandie, et les ducs de Bourgogne et de Brelaîgae , pour la question qui est asses dite et déclarée : esl à savoir , pour Talliance et serment que avoicut ensemble solempuellement fait, juré et scellé, compris plusieurs autres, quasi tous les priaces du sang. Mes estoieut ces Iréves jà près du lerme que dévoient exspirer; parquai, et à lous lez , ceux à qui le dangîer de la guerre compéloit se pourvireut et garnirent, chacun à son plus forietà son plus beau; et veilla chacun à son cresteuu, comme pour ly. Le roi à son début, qui véoit et considéroit à qui îl pooJt avoir à faire, se la guerre alloit avant, &e pourvil et se furtiiia â tous sens j mist tousses engins en œuvre et tous ses enlendemeas en eniploy , pour , en temps de besoing, se trouver à son desseure de ses adversaires. Sçavoii le duc Charles de Bourgogne fier durement et de grand cuer; et aveucipieg ce qu'il le sentoit fort etde grand pooir, si savoil-il que c'eslûit le seul et le tout sur quoi le duc de Normandie, son frèi-e, et le ducdeDreiaigne, s'aileudoienteireposoient; et qu'en la fermelé delyet de son assister, ils se maiotenoient roides dans leur querelle. Par quoi . par peur de Tung et de l'autre . ei par le dangier qtu pendott en entamer Tung des debous, tint en suspense, et surséoit sa cause en rongant son frein, comme au milieu des deux. Et encore, qui pluslui esloit de pois «t de grief, c'estoîï qu'il sentoit et véoil à l'œil ce qu'amender o« pooit no y l'ésister : c'esloit que ce duc de Bourgo[;ne avoit pris l'alliance du rovaulme d'Angleterre . par mariage à la seur 'du roy Éduardi de, quoi .'non tant seulemeut il re&-
soignoit la puissance dudict duc qu'elle en seroit plus creue et plus {grande , mes en prédoutoit et prévéoit la ruine de sou royaulme , à ceste cause , pour le temps à venir , quand ce duc ici s'en vouldroit servir. Et par ainsi, et comme ly-mesmes et tout de soi s'estoit bouté en ce dan{[ier , et mis en ce destroit pour avoir mis et procuré la division mcismcs de tout son sang contre ly , maintenant , quand il s'en vist en tel mescbief , et qu'il y cuida remédier jfkar deslroites voies , non merveilles s'il se trouva perplex en se cuidicr conduire, là où il véoit la chose si diOlcile et de si grand dangier pour sa coronne. Et pour ce dist-on bien vulgairement : que nul n'a mal que aucunement il n'en soit cause ; et est bien digne cely de venir à malaise, qui, de son aise et de sa bonne fortune , fait sa tanance. Qui est cely , 6 Dieu , qui ayant une belle maison délictable , et en quoy nature se délicte et se complaist, et par appétit désordonné après, et par sa tanance de telle doulceur , va bouter le feu au milieu? Qui est cely , ne ou estil, qui doit plaindre cely homme ^ quand d'aventure, et en telle perplexité que de voir périr le sien, quand on le verroit tendre etjaborer au remèdq pour la rescourre ? Certes , quand la plaie en tourneroit griève sur lui , et larmes et battisons des mains à tous lez le tenroient en angoisse , ne seroit à plaindre de nulluy , sinon d'autant que la chose publicque en peust estre blessiée en la dépendance d'ung tel sens perverti , et qui est adonné à son propre mal pour le cuidier faire à auUrul.