CHAPITRE CLIIL
Comment les cstns délibérèrent envoyer ambassade devers le duc Charles de Bourgoigne pour le amollir.
Nient-moins pour fuir encore les dangiers de la guerre le plus longuement que Ton pourroic, et pour mettre apaisement en ceste très difficile question qui estoit entre ces deux
frères pour ce partage , fut avisé en cestui parlement et conclu , que meismes les trois estas dé ce royaulme , à leurs communs frès, cnvoieroient notable et pesante ambassade devers le duc de Bourgogne , comme principal porteur et conforteur de monseigneur Charles de France , et en qui plus pendoit le fort de ceste question -, et en leur nom lui seroit signifié le hault et notable devoir que le roy avoit monstre devant eulx par toutes manières de remonstrances et de sages paroles que ung roy peut faire pour le bien et salut de son royaulme et de ses subgets, mettant devers ly également son tort, s'il y pooit estre, comme son droit , et soi accusant non estre sage assez pour defiinir d'ung si hault affaire comme cestui estoit , ne quelque bon droit qu'il y pooit avoir , sans s'en submectre en la consultacion du général corps de France ; lui seroit signifié aussi Tavis et le décret de toute l'intégrité de ce royaulme , qui |là avoit esté déclairé et prononcié à la présence du roy , et promis et juré de le maintenir et de le bouter oultre, en confortant le roy en cestui endroit, quand ropporlunilés'y trouveroit; et que nullement le roy ne pouvoit décliner de sa roideur en cestui refusé partage , ne eulx , ne pied de eulx y consentir ne y prester conseil , sans mesprendre envers honneur et droiture. Dont, pour tant mieulx lui imprimer et faire-sentir la pité de ce très-agu et estroit affaire , et dont ce noble royaulme pendoit en péril d'ung grand mal, fut avisé de le faire persuader et de i'approcier par toutes nobles remonstrances et avertences , comme premier per et doyen des persde France, le plus puissant membre de la couronne; et aveucques richesses et puissances sans nombre, si estoit-il^en jeusne éage, jugié et congneu abonder en sens et en vertu sur tous aultres princes; par quoi l'espoir devoit estre en eux, et considéré aussi qu'il estoit du royal tronc , et que la couronne, par possible , pooit tourner sur lui : que , par pité du royaulme et de royale dignité , il lesseroit ung peu doucement couler ceste alliance prinse aveucques monseigneur Charles de France , et irouveroit voie et manière de ramollir et faire estre content de raison et de souflisant partage , tel que duit à ung fils et frère du roy ; et par cestui moyen
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et le roy et son royaulme , et eulx tous , poroient estre affrancis des dangiers de la guerre et des rm'nes et tribulacions qui , à cause d'elle, se poroient movoir et essourdre. Et furent eslus et députés , pour ce faire , l'évesque de Langres, messire Guillaume Cosinot, et aultres bons personnages, desquels et de leur relacion je ferai le conte de brief cyaprès , quand ils seront arrivés à Bruges , et là où ils s'acquittèrent devant le duc de cq qu'ils avoient en charge.