‹ Œuvres historiques inéditesChapitre 44 sur 494 · CHAPITRE XXIY · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIY

Comment d«m niillc Angloii cl d'un d^b*l eultc le coni lor de Saicuse.

srrivèreni deranl Rov« I de H«ntii)don et Ilec-

Oyes donc leur peiicîon , et maintes réplicqoes faites icy el là, le comte de Ligny qui loiit pesolt ù tu balanche et considéroil que l'on ne doit reiïiiscr raison, s'accorda au traictîê ; vl non veullant esire cause de mort à antres niiblc:» lionimes de son parly, qui là après pourroivnt estie assii'giés comme culx et povrenient secourus, luy ,liumme de uuerre plus discret que ciuel , les soud'ry partir, leurs corps et leurs biens s;iuves , avec une quantité de ceidx qu'ils y avolenl gaingniés. ¥à pour les asscurcr de tuiis cmpesclicmens qu'ils pourroienl trouver en clieinin , jusques à leur reti-uictc leur bailloil saulf conduici pour et au nom de son pi'incc , et avec ce ung vaillant escuîcr , nummê Hector de Savcuse , pour les conduire. Si udvint que, eulx partis ainsy, et mis en la voye de Compjègne, où leur affection les trayuit.que deux mil Anjrlois vÎDdr<'iit audit lieu de Roye pour intencion de eulx joindi-c avec le sicgc contre les autres , lesiiucU ils trouvèrent jà partis cl le tiède rompu. Si tic liront Icsdîls Angbris sem-

blant de liens : mais Instivoment tonrncrf bride, CI faiiijjnans de prendre îiutre chemin se remirent secrèicment sur le train des danlpliinots, et à force de clievauk les |ioiii'sievirent si rademcnl que à moins de quatre lieues les ratlainjjnirent. Le chief de cesie route angloise estoit le comte de Ilantindon et Cornuaille. Et s'estoienl joincts avec eulx nu partir du siège aucuns des Rourgoiujjnons, comme Bulor de Croy , Aubelel de rollevîlle , le bailly de Fouquesolle, le bastard de Dunoy et aucuns autres; mais ne s^ay s'ils esloient d'asseniement fi l'emprinse desAnglois ou non. Toutes>'oies , à la ratialnlt; , les Anglois felluiinemcnt et sans barguignier frappèrent en eulx. Jâ soit-cc-que en petit nombre estoient les daulpttinoîs au regard des autres , car ils venoient fîle à file l'ung api-ès l'auire, les ungs pour l'assure de leurs clievauk, les autres sur la fiance de leur saulfconduict et de cely qui les mcnuit, et ne se doubtoient pour l'heure des Anglois ; toiitesvoies, comme j'ay dicl, les Anglois non re~ gardans à riens , ne à bien faict, ne à mal faict, i'érirent eux, et ruèrentjus toute la compaingnyeqni,par deflence ne par armes faire, ne povoil arresler devant eulx que ils ne lussent ou mors ou prïns.Etde faict yen mourut une part; l'autres'enfuyèsbois; la tiercefutprinseet créancife. Dont il advintque Hector leur conduiseur, voyant cesie aventure et honteuse desirousse pour luy, cuidant subtillemenl sauver messire Karados cl le renvoyer, print mcismes la foy de Iny et le créança comme son prisonnier. Dequoy Cornuaille non bien content vint à efl'urt , et se penoit de luy oster,disant:'<Point ne vous appartient de le prendre , quand il » saulf-conduict de vostre capitaine. • Hector, tontesvoies , qui n'esioit pas mol bomme, ne bien aisé ù traîcicr par rigueur, ne le volut laîssier pourtant, mais le tint esiroit assez , comme pour le vouloir dellendre au irencbant, se le lieu y fust , mais nennil. Laquelle chose Corn uail'e, lier homme, voyant, et que si peu icnoit de sa parolle , despilcment luy donna ung cop de poing atout le gantelet sur son bras , et parla assez durement à luy. Dont grandement fut trouble celuy Uccior ; ol s'en fust vengié voulentiers s'il y eusl en lieu, mais ruri'c luy

cstoit d'en 'nouttrir pour celle heure , comme im[»acicnt qu'il en fust.

/ En cesU; manière , messire Karados , Charles de Flavy et Umê les autres demourèrent aux Anf;lois. Et ceulx que les Picars avoient prins et créances , eulx meismes les tuèrent , car ne les eussent osé mener avec eult en leurs ïogîê Yers leur capitaine, excepté Ilarbon- BÎères , que Aubelet de Folleville print ; et le flelint et mena à Noyon , là où on luy coppa la teste. Ainsi print-ilaux daulphinois de leur emprise de Koye et aux Anglois de lenr poursieute , qui arrière se vindrent logier , pour le beau service qu'ils avoient faict au CiHDte de Li{j[ny, à deux lieues près de Roye^ non gaires loin de son ost.

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