‹ Œuvres historiques inéditesChapitre 433 sur 494 · CHAPITRE CLV.II · texte numérisé non relu

CHAPITRE CLV.II

Comment le doc' Charles fist une niouU belle responae aux 8ii[qiliaii8 , non obtempérant à leur requeste dadit priaomiier bastard.

« Sire de la Hameyde, et vous les'aultres, je cognois bien les services que m'avez fais, et les ay bien en mémoire ; mes ne me bnt pourtant de vous retribuej* de vos mérites eo cely cas , par chose qui n'est pas ne à moy ne en moy; mes vous doy rémunérer do mien et de mon propre. Vous expétez la rédempcion de vostre nepveu , et que je lui fece grâce ; et véez cy partie qui me requiert de justice , de leur f^re piteusement mis à mort et sans tiltre; dont la grâce faire pend en eulx. Moi doncques, d'aultrui franchise ne doy faire ma libéralité , qui n'y ay riens. Se à point et à heure eussiez contenté partie , et tant fait que la plainte n'en feust venue jusqu'à moi, vous eussiez lors obtenu, peult esire, sans moi , ce que maintenant je ne vous puis donner sans eulx ; car ne me loist donner le sang de leur frère qui crie sur moi. C'est à eulx d'en demander la vengeance, et à moi de le vengier par observacion de justice, que je ne puis ne ne veuil refuser. Encore , quand partie seroit contente , et que l'offense en est en mon sceu , si y ai-je intérest très* grand, et de quoy je feroie conscience de le couler. Mes contentez partie , et puis après on s'avisera du surplus au plus expédient. »>

Ce fusttout que parens et amis porent traire pour celle heure du duc Charles, qui ne donnoit ne tolloit. Mes disoient aulcuns assistans secrètement, que en couvert lui avoient oy jurer Sainct- Jorge, qu'il en mourroit long ou court. Aultres aussi les aulcuns se fondoient en espérance , disî^ns que il pescroit fort, ce leur sambloit, la requeste de tonte la chevalerie de Ilaynau , à qui cestui cas compétoit , et resoigncroit à leur faire ce refus ; mes se décevoient.

l««8] CHRONIQUE DES DUCS DE BOURGOGNE.— IIP PART. 461

de Bruges venir devers ly, sans que nul sceust pourquoy ; et lui venu lui dist : ■ Escoutètc , je vous commande qu'anuit , par nuit, TOUS veniez quérir en la porte de cyens, de ma maison, le baslard de Gondet , et lê mettez en la prison de la ville ; et demain matin , k onze heures , sur autant que me douiez , faites le exécuter dehors la ville , au lien aCcoustumé , et à tels usages qu'il siet à faire à ceux qui là meurent ; car mon plesir est tel. — Monseigneur, ce dici l'escoutète alors , vostre plesir et vosire commandement me sont bien d'obéir , et , Dieu pour moi , je n'en serai point en faulic. Mes ce m'est dur que UDg si beau jeusne frentîlhomme et de si banltlieu, n'a peu obtenir vostre iniséricorde. — Vousoez que je vous dis , ce dist le duc ; faites ce que je vous ordonne , et ne vous chaille du remanant. "

Alant le duc leissa l'escoutète , et part, et s'en va tout droitaiiDain,etdclàà l'Èsclusei etestoil bien sincq heures de vespre, quand il sepanît.par ung vendredi, dont le sabmedi adjournant il avoit ordonné de faire morir ce bastard.

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