‹ Œuvres historiques inéditesChapitre 439 sur 494 · CHAPITRE CLXIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE CLXIV

Comincnl te duc de Cdnlire , après le Irespns de dom l'ierre de Cojiubre, tut ealeu par les Calclliuis roy d'Arragon, , „^

Le duc de Calabre , qui estoit sage prince et sievoit les trains de son père le roy de Cécile , icely aussi avoit cslù et estoit de la con- I uiai« de U comuiuic de Ca&iUk «i d« Uqu.

jurison des princes ensamble dès la' première esmeute , et avoit esté à Conflans confortant et conseillant monseigneur Charles, jà devenu duc , el grandement de l'amislié et dileetiOD d'iceluy, par amour et service monstre ; et estoit et avoit esté ung des priucipaux de la ligue , obligié par promesse et par sceau. Mes maintenant recouvert et réacquis de la pan du roy , par alliance de mariage qui se fil de la fille du roy , née à Ceneppes en Braibaul, et de son fils, le marquis du Pont, icely duc de Calabre, neulriant enlre la faveur de çà et de là , cl pesant durement le péril de la guerre qui se préparoil , mettoil plus peur aussi en la ruyne des deux parties par complaintes , que semblant de condescendre ennemy à qui que ce feust, cuidant mieux faire. Mes si bien lui en prist, que tant avoit cause alors d'entendre ly-mesmes à ses propres affaires, que de ceulx d'aultrui se pooil tant mieux excuser et soi dissimuler. Car lesCaielans (1), parle trespasde Dom Pierre de Coimbre , l'avoienl prestement esleu leur seigneur et leur futur roy d'Arra/jon, en grand préjudice du fils du comte de Foix, qui s'atleodoil ù la couronne de Navarre, parce qu'il estoit tils de la seur du roy Jefaan d'Am* Qon et de Navarre , que ledîct Dom Pierre voloil impugner par hoii'ie ; et jà , par l'ayde des Calelaas qui rebelloient et héoienl ledict roy , estoit en possession d'une grande part du royaulme et de la seigneurie de Citbeloingnci et fusl parvenu jusqu'au parfiiire, se ne fust la mort qui le. vint prendru , jetUH homme et en son premier vol , comme loat ses aullres frères , qui lous esloieni morts ei grand jugement du monde de pooir deTCBir haulx hommes et de grand fait.

Comme duncques Calelans cecy veissent €t considérassent, que de ce vieil roy, le roy d'Arragon , naistroit guerre cl iribidacion après son irespas entre divers prélendans à la couronne d'Arrogon et de CateloDgne , el qu'ils véoient et savoient ce duc de Calabre estre prince de vertu , prince de la sommité des fleurs-de-lys, grand, sage, moull expert et bien esprouvc en grands lais, et futur roy

(I) Geiiri;c C tin «Ici tain coiilund Ici Ici CaMlnns htm; IpsCnsEillann. Il ne s'.igU ras de la cDurotme'it'Arragun,

de Cécile , et d^aultres royaulmes et sei{pieuries, s^avisèrent de Tatlraire et de Tavoir vers eulx; lui donnèrent et monstrèrent tillre de droict en la vraye succession , et lui promettant service et assistance , raffectèrent et postulërent^n seigneur ; parquoy ly il s'accorda et se paroffrit à leur demande^ à juste cause. Et par ainsi doncques , ce duc de Galabre, combien que le foit de ce royaulme lui compétoit et touchoit en général comme aulx aultres en cestuy présent temps , son propre privé fait toutesfois, et encore si grand et de tel pois qu'il estoit , le pooit bien excuser aussi et lui donner grâce et lieu d'entendre à sa nécessité particulière.

Et en toute telle cause comme je samble voloir excuser cestuy duc de Galabre, par neutrier en ceste division, tout en pareil puis-je et dois faire du comte de Fois , qui avoit la menace des Gattelans en barbe, pour desfaire son fils , et lequel oncle avoit assez à veiller à son propre cresteau, sans soy mesler des divisions des aultres , et dont il ne véoit nul remède. Pareillement, le duc de Nemours, comte de La Marche , qui estoit de la privée conjurison , et avoit esté à Gonflans , plaintif aveucques les aultres , et fort adjoinct aveucques le comte de Gharolois , icely fortrait maintenant de celle affection de Bourgogne , par le roy qui l'avoit regaigné sagement , dissimula tousjours en ceste murmure ; et sans déclarer ne trop hayne ne trop faveur nullement , contenta à mieulx que pooit les deulx parties. Si n'estoit-ce pas sans peur pourtant, et sans grand sens en si dangereux affaire : car le roy , par semblant se desfioit alors de tout le monde , et n'y avoit nulle riens alors plus périlleuse de ly pour donner mort ou ruyne.

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