‹ Œuvres historiques inéditesChapitre 445 sur 494 · CHAPITRE CLXX · texte numérisé non relu

CHAPITRE CLXX

Comment le duc fist charger son artillerie à Lille et depuis séjourna quelque temps à Lille.

Le roy faisoit ses préparacions merveilleuses devers Bretaigne et devers Normandie. Avoit mis en practique et en nombre toutes les ^ens aidables de son royaume , communes et autres; et ce que monseigneur Charles , son frère , lui fortraioit des nobles gens et des gens de guerre , cela il lesuppléoit par pourvision de nouvelles gens autres. Son artillerie avoit une grand part à Orléans pour Tavaller au besoing au pays d'en bas , et une autre partie avoit à Paris , pour les marches de Picardie. Et le duc qui jour et nuit fit charger artillerie, en mit tant avant qoe c'estoit une ' merveille à veoir. Les pays et les champs en estoient tant pleins que Ton ne véoit riens haut ne loings que chariots. Et en avoit\ ce me disoit Ton , deux mille huit cents , tous à ly , sans ceux qui estoient à vitailles et à baguages des gens d'armes sans noinbre. Si estoit orrible chose à veoir de Tartillerie qui fut chargiée à Lille , et des chariots qui furent prins par tous les pays du duc. Et convenoit avoir grand tems , avant que tout fust mis en ordre et en train d'aller avant, mesmes pour les gens d'armes qui s'assembloient de tous lez , avant qu'ils fussent mis sus et joins. Le duc séjourna au Quesnoy une espassette ; car là estoit venu pour, mettre pié en Testrier atout le fer au dos , et pour emprendre son voyage comme au mesmes lieu là où il l'avoit pris à l'aultre fois , quand il s'en alla en France pour la journée de Sainct-Denis, dont la bataille de Mont-le-Héry ensievy ; parquoi oncques depuis ne feust qu'il n'eust son regard et son singulier fondement sur ledict lieu du Quesnoy , aveucques ce que la place siet toute propre pour faire sa meute envers France.

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